Le nouveau ministre délégué chargé de l’Industrie le conçoit : «L'instabilité politique n'aide pas.» Si elle a coûté «0,3 point de croissance (soit) 9 milliards d’euros, et sans doute plusieurs milliers d'emplois», reconnaît Sébastien Martin, il faut tout de même aller plus loin et plus vite pour réindustrialiser le pays, a-t-il martelé jeudi 30 octobre sur BFM Business. Car la situation est on ne peut plus inquiétante. Au mois de septembre, les défaillances d’entreprises se sont envolées, présentant un volume qui n’avait pas été atteint depuis 2009. Dans le même temps, le secteur industriel est au ralenti.

Selon une enquête du cabinet Trendeo que Capital vous relayait, le brouillard politique dans le pays menace toujours autant. Ainsi, à la fin du premier semestre 2025, seules 65 usines ont été ouvertes et 80 ont mis la clef sous la porte. Il faut donc réagir, a laissé entendre Sébastien Martin, car «la situation n’est pas satisfaisante». Rappelant qu’il y a une vingtaine d’années, personne «ne parlait de la nécessité de maintenir dans ce pays une industrie forte», le ministre délégué assure qu’il y a un «consensus» désormais «pour dire que c'était une erreur».

Se montrer ferme face à la concurrence internationale

Sébastien Martin a établi un parallèle avec la pandémie de Covid-19 en 2020 où la France «n’était plus capable de faire les masques». Alors, comment lancer un nouveau mouvement de réindustrialisation massif du pays, là où ses prédécesseurs ont échoué ? Sébastien Martin compte s’appuyer sur les élus locaux, «que ce soit les intercommunalités ou les régions», a-t-il précisé. Dans le cadre d’une future rencontre avec tous les préfets, le ministre délégué «veut savoir où il y a des projets qui sont bloqués pour des complexités administratives».

Et d’ajouter : «Si je dois y mettre mon poids personnel, je mettrai mon poids personnel.» Toutefois, d’après Sébastien Martin, la situation n’est pas si alarmiste si on prend en compte les agrandissements de site dans le pays. Il a pris l’exemple sur BFM Business de l’usine Framatome à Chalon-sur-Saône, située sur son territoire de député, «qui a fait un agrandissement de 40 000 mètres carrés». Un tel agrandissement représente environ «quatre ou cinq usines qui sortent de terre», a-t-il mis en avant.

Dès lors, si l’on ajoute les ouvertures et les agrandissements, on obtient un «solde positif». Toutefois, le ministre a mis en garde et alerté sur la nécessité de faire attention à la concurrence internationale : «En face de nous, il y a des gens qui ne veulent pas nous faire de cadeaux.» Il a rappelé enfin la volonté de la France de faire de l’Europe «un immense marché, une immense usine».