Un marché véritablement saturé. C’est une tendance malheureuse et on voit mal comment elle pourrait s’estomper à court terme : en France, de plus en plus de restaurants mettent la clé sous la porte en raison d’une offre bien supérieure à la demande. En 2023, ce ne sont pas moins de 7 200 établissements qui ont été contraints de fermer, soit une hausse de 44 % par rapport à 2022. Chiffre encore plus parlant, un tiers des restaurants qui ouvrent depuis 2019 ne passent pas le cap des deux ans, rapporte 20minutes.

«Il y a une densité délirante dans certains endroits, cela ne peut pas fonctionner», confie Nicolas Nouchi, directeur des études Strateg’eat. C’est pourquoi la question d’imposer une régulation revient fréquemment. Franck Chaumès, président de l’Umih restauration, milite notamment pour un «Numerus Clausus». Une autre solution est également sur la table, celle «d’un permis d’entreprendre à passer, à l’image du permis de conduire, nécessaire pour toute personne n’ayant pas fait d’études de gestion et qui voudrait monter un restaurant», explique-t-il.

Paris compte un restaurant par 82 habitants

Selon Franck Chaumès, la restauration nécessite désormais des compétences diverses et variées comme le marketing, le management ou encore la maîtrise des réseaux sociaux. Enfin, d’après Stéphane Manigold, propriétaire de huit restaurants à Paris, il convient d’être transparent sur l’origine des produits : «C’est simple : si c’est fait maison, on le dit, si ça ne l’est pas, on dit d’où ça vient et les origines du profit». «Il faut qu’on s’adresse aux consommateurs, c’est lui qui veut savoir qui a fait la blanquette de veau», ajoute le restaurateur.

Signe de la multiplication des points de vente dans de nombreuses grandes villes françaises, Paris compte un restaurant par 82 habitants, Bordeaux tous les 103, Nice 105. Ainsi, dans la cité girondine, un établissement de 50 couverts aurait besoin que chaque habitant de son quartier vienne manger une fois par jour chez lui pour afficher complet.