Taxer les revenus des trafiquants, c’est l’idée évoquée samedi 2 août par la ministre de la Santé, du Travail et des Solidarités, Catherine Vautrin, pour réaliser des économies d’envergure. Dans un premier temps, la ministre a de nouveau évoqué les mesures à prendre dans le secteur de la santé. Selon elle, c’est environ 13 milliards d’euros par an qu’il faut combler, grâce à différentes restrictions.

Catherine Vautrin a ensuite proposé de relever à 45 % le taux de contribution sociale généralisée (CSG) qui serait applicable aux activités illégales, et notamment au trafic de drogue, selon RMC. L’objectif serait de récupérer davantage de recettes sur ces revenus qui, une fois interceptés par la justice, sont déjà taxés, mais à un taux bien plus bas. Aujourd’hui, un trafiquant condamné pour avoir perçu 100.000 euros d’activités illicites ne verse qu’environ 9 200 euros au titre de la CSG, selon la ministre. Avec un nouveau taux relevé à 45 %, ce serait alors 45.000 euros que l’État récupérerait. Cette piste s’inscrit dans le plan d’économies global pour 2026.

Une CSG dissuasive ?

Pour le Syndicat des commissaires de police (SCPN), la mesure est plutôt une bonne nouvelle. Et selon son secrétaire général, Frédéric Lauze, interrogé par RMC, taxer les trafiquants serait «encore plus efficace que la prison». Une stratégie de dissuasion donc, et un message envoyé aux réseaux de trafics.

Pour l’opposition, une telle mesure contre les trafiquants «paraît faisable». Cependant, le gouvernement devrait «inscrire des objectifs précis et clairs dans les contrats des différentes caisses», selon Patrick Hetzel, député LR du Bas-Rhin. Cette annonce de la ministre Catherine Vautrin a été faite au milieu d’autres propositions, comme la géolocalisation des taxis sanitaires, le recyclage des médicaments non utilisés ou encore la conditionnalité des allocations chômage à un compte bancaire européen.