Installés sur les plages de l’ouest de France comme proches des frontières du nord-est du territoire, les blockhaus construits lors de la Seconde Guerre mondiale seraient près de 8 000 partout dans le pays. Plus de 80 ans après être sortis de terre - ou du sable - ils ont souvent subi les aléas de la vie en pleine nature, sans pour autant s'affaisser avec l’âge. Mais dans certains cas, les bunkers deviennent dangereux pour notre sécurité. C’est le cas sur une plage du Cap Ferret (Gironde).

Comme l’expose le reportage de France Télévisions, ces installations construites sur la dune menacent de s’effondrer. À la suite des tempêtes de ce dernier hiver, la municipalité de la ville du bassin atlantique a ainsi dû intervenir pour repousser deux des blockhaus en contrebas de la plage. L’opération, réalisée avec des engins de travaux publics, a coûté plusieurs milliers d’euros à la charge de la mairie. Le maire du Cap Ferret a bien pensé à la destruction totale de certaines de ces installations représentant le plus de risque. Mais cela est «une petite fortune». «On en a démoli un il y a une vingtaine d'années et ça a coûté au moins 150 ou 200 000 euros», présente Philippe de Gonneville.

Un héritage empoisonné

Dans l’Aisne, à Margival, 22 bunkers sont répartis sur 110 hectares. Et cette fois, le problème de ces installations n’est pas l’érosion mais l’abandon. Pourtant, ces blockhaus ont une histoire unique. L’un de ces abris a été le quartier général du haut commandement nazi qui a accueilli une réunion secrète entre Adolf Hitler et ses généraux, onze jours après le débarquement.

Jean-Pierre Poletz, maire de Margival, s’est posé la question de l’avenir de ces installations, désormais inscrites à l'Inventaire des Bâtiments de France. «Il y a eu des études de projets, mais à chaque fois, on arrivait sur des trucs pharaoniques. Ce n’était pas jouable», explique-t-il. Ainsi, pour conserver ce patrimoine, sa gestion a été confiée à une association de bénévoles. Mais celle-ci ne dispose que d’une somme dérisoire pour gérer le lieu qui accueille en moyenne 4 000 visiteurs à l’année : 800 euros de subventions par an. Une somme loin d’être suffisante pour valoriser cet héritage de l’histoire de France.