
Transformation d’ampleur pour la base aérienne 116 de Luxeuil-Saint-Sauveur. Il y a un peu plus de deux mois, Emmanuel Macron annonçait des investissements massifs dans la commune de Haute-Saône dans le cadre du réarmement du pays et d’un «soutien à l’Ukraine face à la guerre d’agression» qu’elle subit. Le chef de l’Etat assurait que la base 116 allait «s’accroître de manière inédite et retrouver sa place pleine et entière dans la dissuasion nucléaire française». Parmi les investissements prévus : l’accueil des deux prochains escadrons de Rafale ainsi que 2 000 militaires et civils «à l’horizon 2035».
Toutefois, comme le rapporte France 3 Bourgogne Franche-Comté, il faut aussi rénover la base. La somme nécessaire au lifting de cette base censée accueillir l’arme nucléaire et la cinquantaine de Rafale est évaluée à 1,5 milliard d’euros. Avec cette somme, la base doit doubler de volume et les hangars datant de 1952 vont laisser place à de nouvelles installations beaucoup plus grandes pour faire entrer le Rafale : «Le Rafale est plus grand, il ne rentre pas en hauteur. Il faut tout revoir pour les infrastructures», détaille le colonel Emmanuel Roux, auprès de nos confrères.
Dix ans de travaux et des effectifs en forte hausse
En plus des Rafale, la base 116 accueille des Mirage-2000. Actuellement, ces appareils peuvent décoller de front sur la piste, mais le Rafale est beaucoup plus lourd et il va falloir refaire la piste entièrement. Et qui dit agrandissement, dit autorisations à obtenir. Alors que les écologistes réclament un recensement de la faune et de la flore avoisinantes, une étude des sols sera nécessaire. En outre, avec l’accueil d’armes nucléaires, les dispositifs de sécurité vont devoir être revus. «Il va falloir réaugmenter les dispositifs de sécurité et l'ensemble de l'infrastructure pour se mettre au point», concède le colonel.
Quel calendrier pour ces travaux ? Dix ans, précise le chef de base qui ne veut pas de retard et ne veut «pas échouer» alors que le défi est triple : «On a 10 ans pour construire la première base de France avec des avions qui n'existent pas, une arme nucléaire qui n'existe pas, et des mécaniciens qui sont encore au lycée.» Civils et militaires vont se rassembler sur la base, avec une augmentation substantielle des effectifs, en particulier les pilotes. La raison ? L’agrandissement de la base, mais surtout le fait que le Rafale est un appareil biplace contrairement au Mirage-2000.
Des pilotes qui se disent déjà prêts à transporter l'arme atomique. «C'est une responsabilité vraiment lourde que l'emploi de l'arme nucléaire», confie l’un d’eux à France 3 de manière anonyme. Il ne faut pas oublier l’école présente sur place, l'Unité d'instruction spécialisée (UIS), où pilotes et mécaniciens sont formés. De 300 aujourd’hui, ils vont passer à un millier environ dans dix ans.



















