«Il n’y a pas que la guerre.» Le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a freiné l’enthousiasme en matière de réarmement, ce vendredi 21 mars. Invité sur France Inter, le premier président de la Cour des comptes a estimé que «toute notre économie ne doit pas être tournée vers la guerre», en déplorant l’utilisation de l’expression «économie de guerre». Selon lui, «rien ne doit augmenter notre dette publique», y compris l'effort de défense.

Notre économie «doit être tournée vers la guerre économique plutôt, c’est-à-dire vers la compétition économique mondiale», a-t-il jugé, tout en admettant qu’«il faut accroître notre effort de défense». Dans un contexte international marqué par des tensions croissantes, le gouvernement entend renforcer le financement de l’industrie de défense et augmenter les dépenses militaires. «Oui, nous devons nous défendre, oui, nous devons être plus forts, oui, il y a une menace russe, oui, il faut être aux côtés de l'Ukraine. Mais tourner toute notre économie vers la guerre, je ne crois pas que ce soit quelque chose de juste», a-t-il affirmé.

«Rien ne doit augmenter notre dette publique»

Interrogé sur le lancement par la banque publique Bpifrance d'un nouveau fonds ouvert à l'ensemble des Français, Pierre Moscovici s’est dit «très intéressé par cette histoire d'épargne». «Mais on parle de 450 millions» d'euros pour le fonds BPI, a-t-il cependant nuancé, en soulignant que le financement de l'effort budgétaire nécessaire, «c'est des dizaines de milliards comparés à des centaines de millions».

A la question de savoir s’il faut réorienter certaines dépenses sociales dans le cadre de l'effort de défense, il a estimé que «ça mérite un grand débat», tout en répétant que «rien ne doit augmenter notre dette publique» ou le déficit public. «On rembourse 60 milliards chaque année pour la dette», a tenu à rappeler le premier président de la Cour des comptes.