
Le couperet est tombé le 20 février : à six voix contre trois, la Cour suprême a jugé illégales une partie des hausses de droits de douane décidées par Donald Trump. Saisis par des entreprises estimant avoir été lourdement pénalisées, les juges ont ainsi infligé un sérieux revers à la Maison Blanche, rappelle un article de TF1 Info. Un an plus tôt, le président exhibait encore devant les caméras depuis son bureau son désormais célèbre tableau des taxes, érigé en symbole de sa stratégie commerciale visant à freiner les importations asiatiques et européennes.
La réaction de Donald Trump, comme on pouvait s'y attendre, a été épidermique. Furieux, le président nord-américain a dénoncé une décision qui, selon lui, limite excessivement ses prérogatives. Et de fulminer : «Je peux détruire le commerce, je peux détruire le pays, j'ai même le droit d'imposer un embargo étranger dévastateur, je peux imposer un embargo, je peux faire tout ce que je veux, sauf exiger un dollar». Pourtant, ces mesures ont fragilisé de nombreuses sociétés américaines dépendantes de fournisseurs étrangers.
Jusqu’à 170 milliards de dollars en jeu
Pour certains patrons, l’heure est désormais aux comptes. Rick Woldenberg, fabricant de jouets dans l’Illinois et parmi les premiers à avoir saisi la justice, détaille l’addition : «En 2025, nous avons payé un peu plus de 10 millions de dollars de taxes. Pour chaque dollar gagné, on paie plus d'un dollar de taxes. J'attends du gouvernement qu'il me rende mon argent». La décision de la haute juridiction pourrait ouvrir la voie à des remboursements massifs si des tribunaux inférieurs s’appuient sur cette jurisprudence. Pour les seuls plaignants américains, les droits de douane indûment perçus représenteraient près de 170 milliards de dollars, soit la moitié des montants déjà encaissés.
Mais même en cas de restitution, les effets ne disparaîtront pas du jour au lendemain. «Pour l'instant, nous sommes toujours bloqués avec des stocks que nous avons payés à prix d'or. Il faudra donc beaucoup de temps avant qu'une petite entreprise comme la nôtre ne recommence à profiter des avantages des droits de douane», prévient Paul Rodgers, restaurateur italien à Atlanta. Loin de battre en retraite, Donald Trump a d’ailleurs annoncé de nouveaux droits de douane de 10 %, relevés dès le lendemain à 15 %, laissant augurer de nouvelles secousses pour les entreprises mais aussi pour les consommateurs.


















