
Donald Trump ne s'est pas laissé démonter par le camouflet infligé par la Cour suprême des Etats-Unis. Celle-ci, le 20 février, avait jugé en grande partie illégale la politique commerciale agressive du président, estimant que les taxes douanières décidées ne respectaient pas la Constitution. Une décision dont le locataire de la Maison-Blanche semble donc s'être affranchi en annonçant malgré tout de nouvelles mesures tarifaires. Après avoir annoncé une taxe douanière mondiale de 10% applicable pour 150 jours à compter du 24 février, le président américain a relevé le curseur dès le lendemain. Sur son réseau Truth Social, il a indiqué faire passer ces nouveaux droits à 15%, soit le taux maximal autorisé, y compris pour les pays ou blocs ayant signé des accords commerciaux avec Washington, comme l'Union européenne, le Japon, la Corée du Sud ou Taïwan.
«En tant que président des Etats-Unis d’Amérique, je vais augmenter avec effet immédiat les droits de douane mondiaux de 10 % (…) au niveau pleinement autorisé de 15 %», a écrit Donald Trump, promettant que «dans les prochains mois, l'administration Trump déterminera et publiera les nouveaux droits de douane, conformes à la loi, qui s'inscriront dans la continuité de notre politique MAGA – une grandeur sans précédent !» Voilà qui devrait sérieusement agacer de nombreux chefs d'Etat. Samedi 21 février, peu avant la publication du message de son homologue, Emmanuel Macron faisait d'ailleurs partie de ceux qui se félicitaient publiquement de la décision de la Cour suprême, comme le rapporte Le Parisien.
Donald Trump défie la Cour suprême
En déplacement à l'ouverture du Salon de l’agriculture à Paris, Emmanuel Macron s'est félicité qu'il existe «des pouvoirs et des contre-pouvoirs dans les démocraties» après le revers infligé à la politique commerciale américaine. «C’est pas mal d’avoir une Cour suprême et donc un État de droit pour ceux qui pensent que les Cours suprêmes, c’est des problèmes dans la vie politique», a-t-il estimé, soulignant que celle des États-Unis avait «regardé la Constitution» et décidé que les taxes douanières ne la respectaient pas. Tout en rappelant les intérêts français, il a insisté : «Nous voulons continuer à exporter et le faire avec les règles les plus loyales qui soient (…) et ne pas subir des décisions unilatérales», plaidant pour «être dans une logique d'apaisement». Pas sûr que les nouvelles déclarations de Donald Trump aillent dans ce sens.



















