Un revers pour le gouvernement qui annonce des semaines compliquées ? Tard dans la nuit de mercredi à jeudi, la commission des finances de l’Assemblée nationale a rejeté la partie recettes du budget 2026, avec une opposition massive notamment de la gauche, du Rassemblement national et des Républicains. Parmi les griefs émanant de la gauche : l’absence de vraie taxe sur les plus fortunés. Invité du journal de 20 heures de France 2, le nouveau ministre de l’Economie a admis que «la copie de départ demande des efforts à tout le monde».

Pour autant, Roland Lescure s’est étonné «des milliards qui volent», et l’a martelé : «Cette copie demande des efforts à tout le monde.» Des efforts qui doivent être «justes, efficaces» et surtout «équitablement répartis». Le locataire de Bercy a également expliqué qu’il avait «deux sujets de préoccupation» : celui des personnes en situation plus difficile et des personnes les plus aisées. «Devant chaque plus, il faudra un moins», a-t-il martelé, sous-entendu : il faudra des économies pour chaque dépense, «sinon on dégrade le budget».

Répondre aux demandes de «justice fiscale»

L’autre point, et il est crucial pour Roland Lescure, c’est : «Oui à la justice fiscale, non à la surenchère fiscale.» Et d’ajouter au micro de France 2 : «Il faut rester raisonnable dans un pays qui taxe le plus au monde.» Avouant qu’il y avait «une demande de justice fiscale», Roland Lescure a confirmé que le gouvernement «devait y répondre». Dans ce cadre, et pour commencer, un premier point a été «sanctuarisé», à savoir la réforme des retraites.

Sur ce sujet, comme il l’avait déjà confessé avant d’être nommé officiellement ministre pour la deuxième fois, le locataire de Bercy a reconnu que c’était «le prix qu'on doit payer, le prix du compromis» avec la gauche notamment. Il a assuré sur France 2 que la réforme serait débattue, en témoigne le recours à la lettre rectificative.

Qui paiera la facture de cette suspension ? A cette question, Roland Lescure a été évasif, se contentant de dire qu’il fallait «trouver des voies de financement» et que «tout le monde devait faire des efforts y compris les retraités». Et de rappeler enfin : «On les a protégés comme nulle part au monde pendant la pandémie de Covid-19 ou la crise ukrainienne.»