
La riposte est-elle en train de se former petit à petit, quelques jours après l’annonce des droits de douane par Donald Trump ? L’Europe, et donc la France, visées par 20% de surtaxes sur les importations, sont en première ligne, au même titre que la Chine qui a déjà riposté avec des droits de douane réciproques de 34%. Vendredi, sur les antennes de BFMTV, le patron du Medef avait appelé à «ne pas céder au bluff» et mis en garde Donald Trump et les Américains, car, selon lui, «si les marchés se ferment et qu’ils se privent du plus grand marché au monde, ce seront les premières victimes».
Dans un entretien accordé à Ouest-France samedi 5 avril au soir, Patrick Martin reconnaît qu’il doit faire face à une crise, comme son prédécesseur Geoffroy Roux de Bézieux avec la pandémie de Covid-19. Mais face à Donald Trump, il le réclame : «L’Europe doit parler d’une seule voix.» Qualifiant les mesures américaines d’une «extrême gravité», le patron du Medef a appelé à faire «attention à la surenchère». Pour lui, la réponse européenne doit être «ferme» et «réactive sans insulter l'avenir» et surtout, «la riposte a besoin d'être graduée».
Rechercher de nouveaux marchés d’export
Cependant, le leader du syndicat patronal ne se veut pas si alarmiste que tout le monde et se dit persuadé que ce «n’est pas la fin de l’histoire» avec les Etats-Unis car «les Américains (sont) très pragmatiques». Il plaide néanmoins pour la recherche de nouveaux marchés d’export, notamment en Amérique du Sud, au Canada ou en Asie et pour que la France et l’Europe «mettent en place des mesures de soutien aux secteurs impactés et plus largement accélérer leur stratégie de compétitivité et de diversification».
Revenant également sur la lettre adressée par l’ambassade américaine à certaines entreprises françaises, Patrick Martin veut d’abord essayer de la comprendre, car tout le monde ne l’a pas reçue, mais pour lui, elle «s'ajoute au regrettable durcissement des relations commerciales que l'on observe depuis le 20 janvier».
Enfin, le patron du Medef a plaidé une nouvelle fois pour une baisse «de manière très volontariste de nos dépenses publiques», plaidant pour une refonte de notre protection sociale, citant par exemple la TVA, car le taux en France «est inférieur à la moyenne européenne».



















