
La mesure divise. Remise sur la table par Elisabeth Borne, la suspension de la réforme des retraites a été bien accueillie à gauche, qui la réclame depuis plusieurs mois. Et si le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, a concédé qu’il était nécessaire de «trouver un chemin pour que le débat ait lieu», dans le socle commun, la remise en cause de la réforme fait polémique. Edouard Philippe s’est prononcé contre, tout comme certains députés qui n’ont pas compris le manque de concertation, à l’image de Maud Bregeon.
L’ancienne porte-parole du gouvernement a une «conviction», c’est que «la suspension de la réforme des retraites est une décision qui serait absolument dramatique pour les générations futures et pour le maintien de notre système de retraite par répartition». C’est ce que la députée Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine a martelé au micro de TF1 ce jeudi 9 octobre. Si elle rejoint le Premier ministre sur la nécessité de bouger certaines lignes, elle met en garde : «Entre des aménagements pour les femmes, les métiers pénibles et la suspension sans autre forme de solution, il y a probablement un équilibre à trouver.»
Maud Bregeon souhaite un gouvernement «le plus neutre possible»
A contrario, la députée assure ne pas refuser le débat, mais elle se dit «constante et cohérente» parce qu’elle a fait campagne deux fois sur la réforme. «La situation budgétaire et démographique n'ayant pas changé, je ne change pas d'avis», a-t-elle avancé sur TF1. Pourquoi une telle position de sa part ? Car la mesure se révélerait très coûteuse, alerte-t-elle : «Qui paie en cas de suspension», demande-t-elle à ses collègues de gauche.
Citant le rapport de la Cour des comptes, Maud Bregeon assure que la suspension de la réforme des retraites coûterait trois milliards d’euros en 2027 et 13 milliards en 2035. «Tout cela n’est pas gratuit», poursuit-elle. Des chiffres que le ministre de l’Economie démissionnaire, Roland Lescure, avait déjà évoqués la veille. Il ajoutait de son côté : «Elles (ces mesures) auront toutes un prix et il faudra les financer !»
Toujours sur TF1, Maud Bregeon s’est positionnée en faveur d’un gouvernement «totalement différent». Un gouvernement qui doit être «le plus neutre possible, le plus apaisant possible», voire «technique». Et d’ajouter : «Si on veut arriver à avoir un budget et des gens qui acceptent à se mettre autour de la table, il faut tendre vers cette solution-là.» Cette composition, comme l’a plébiscité Sébastien Lecornu, doit enfin «permettre de créer des ponts, d'installer un dialogue constructif avec ceux qui le souhaitent».
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