Un incident diplomatique entre partenaires ? Cinq personnalités européennes ont été sanctionnées par les États-Unis, a annoncé l’administration américaine, mardi 23 décembre. Parmi elles figure Thierry Breton. Outre-Atlantique, on considère que l’ancien commissaire européen et ses comparses ont participé à une certaine «censure» des intérêts américains, rapporte franceinfo. Via son compte X, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio a fait savoir que «depuis trop longtemps, les idéologues européens mènent des actions concertées pour contraindre les plateformes américaines à sanctionner les opinions américaines auxquelles ils s'opposent». Et d'insister : «L'administration Trump ne tolérera plus ces actes flagrants de censure extraterritoriale.»

Une décision qui passe mal en France. Après le ministre de l’Économie qui a affirmé qu’il dénonçait «avec la plus grande fermeté la restriction de visa prise par les États-Unis à l'encontre de Thierry Breton», c’est au tour d’Emmanuel Macron de briser le silence, mercredi 24 décembre. Le président de la République l’assure : «Ces mesures relèvent de l’intimidation et de la coercition à l’encontre de la souveraineté numérique européenne.»

Emmanuel Macron monte au créneau

Ces restrictions américaines s’inscrivent dans un moment de tensions entre l’Europe et l’administration de Donald Trump. Celle-ci goûte peu la décision du Parlement européen d’imposer une réglementation plus stricte aux plateformes de la tech. Pourtant, «la réglementation numérique de l’Union européenne a été adoptée à l’issue d’un processus démocratique et souverain par le Parlement européen et le Conseil», rappelle Emmanuel Macron. En outre, les mesures s’appliquent «en Europe pour garantir une concurrence loyale entre les plateformes, sans viser aucun pays tiers, et pour faire respecter en ligne les règles qui s’imposent déjà hors ligne».

Enfin, il réfute l’accusation d’ingérence dans les affaires américaines. Il dénonce plutôt la tentative de l’administration outre-Atlantique de faire l’inverse : «Les règles qui s’appliquent à l’espace numérique de l’Union européenne n’ont pas vocation à être déterminées hors d’Europe.» L’offensive de Donald Trump ne lui fait pas peur. Il prévient déjà : «Avec la Commission européenne et nos partenaires européens, nous continuerons à défendre notre souveraineté numérique et notre autonomie réglementaire.»

>> Notre service - vol annulé / retardé, êtes-vous éligible à une indemnisation ?