
C’est un véritable choc pour toute une filière. Ce lundi 22 décembre, la Chine a décidé de poursuivre ses représailles à l’encontre de l’Europe en imposant de nouveaux droits de douane. Après la viande de porc ou encore le cognac, c’est désormais au tour de certains produits laitiers de l’Union européenne d’être visés par une nouvelle politique tarifaire. Comme le rapporte Le Monde, le ministère du Commerce chinois a officialisé de nouveaux droits de douane qui s’échelonneront entre 21,9 % et 42,7 % selon les produits. Ils entreront en vigueur à compter de ce mardi 23 décembre et s’ajoutent aux taxes déjà en vigueur de 15 % en moyenne.
Sont ainsi concernés les fromages frais et transformés, la crème ou encore le lait. L’annonce, loin de passer inaperçue, a été reçue comme un «choc» voire «un coup de massue» par les exportateurs français de lait et de fromage. Invité sur le plateau de franceinfo, François-Xavier Huard, le PDG de la Fédération nationale de l’industrie laitière (FNIL), a ainsi estimé que cette nouvelle politique est «un niveau presque confiscatoire en termes de droits de douane». «Si ces droits de douane devaient s’avérer définitifs, une partie du marché de l’export français vers la Chine va carrément se fermer», a-t-il ajouté.
Des produits jugés trop concurrentiels
Alors que la France est aujourd’hui considérée comme le deuxième fournisseur de crème pour la Chine avec 50 000 tonnes exportées chaque année selon la FNIL et que 8 % à 10 % du fromage français part en direction de ce pays, ce sont en tout près de 6 000 tonnes de produits français qui sont directement visés par ces nouveaux droits de douane, a fait savoir François-Xavier Huard. Parmi eux, on retrouve notamment les marques du groupe français Savencia, présent en Chine depuis plus de 25 ans, et qui détient les marques Elle & Vire, Caprices des Dieux ou Bresse Bleu. Avec près de 370 millions d’euros de lait, de crème et de fromage envoyés vers la Chine en 2024, c’est pourtant bien la crème française, qui représente la moitié des 100 000 tonnes exportées tous les ans et qui est déjà taxée à 15 %, qui devrait être la plus impactée.
Cette mesure chinoise, prise à l’issue d’une «enquête anti-subventions» lancée en août 2024, vise à taxer des produits européens considérés comme faisant subir un «préjudice substantiel» aux produits concurrents chinois. Si, pour l’heure, Pékin n’a pas encore décidé d’un maintien ou d’un abandon de ces surtaxes douanières, une décision pourrait être prise en février prochain.



















