Faut-il taxer les riches pour obtenir des recettes supplémentaires ? Alors que le Premier ministre a écarté un retour de l’ISF et de la taxe Zucman, le débat est toujours sur la table, car la gauche réclame des mesures fortes. Il y a quelques jours, Michel-Edouard Leclerc déclarait d’ailleurs qu’il fallait «faire société et justifier notre utilité sociale» en rappelant qu’un «discours d’entrepreneur (n’était) pas celui d’un patron ou d’un financier». Mais par quoi passe «l’utilité sociale» ?

Selon le président du groupement Leclerc interrogé dans la matinale de TF1, il faut «investir sur notre croissance», que ce soit l’éducation, la décarbonation, les nouvelles mobilités, les transitions énergétiques ou encore la transition numérique. Mais surtout, selon lui, «ce n’est pas en faisant les poches des nouveaux riches» que l’on va faire tout ça. Le grand patron ne se prononce pas «contre des contributions exceptionnelles des gens les plus aisés dans le cadre d’un plan».

L’argent des riches ne doit pas servir à «boucher la dette»

Toutefois, «l'idée d'aller taxer les gens riches ou moins riches pour mettre dans un seau dont on n'a pas bouché les trous», Michel-Edouard Leclerc trouve cela «vraiment con». Contredit sur ce point par le journaliste Bruce Toussaint, le patron de grande distribution a tenu à préciser sa pensée. Selon lui, il ne faut pas confondre les inégalités qui se sont creusées et la nécessité de «boucher la dette» avec.

Le président du comité stratégique des magasins E. Leclerc a plaidé sur TF1 pour une «politique de revenus et une politique sociale». Pour cela, il faut partir du postulat qu’il y a un «accroissement du taux de pauvreté en France, des écarts qui se sont accrus entre les plus bas de l’échelle et les revenus les plus hauts de l’échelle», a-t-il souligné. Il est nécessaire également de faire «une comparaison entre la fiscalité du salaire, du dividende».

Investir «dans l’économie de demain»

Ce que Michel-Edouard Leclerc regrette aujourd’hui, ce sont tous les débats sur le fait de «taxer les riches (…) pour boucher la dette». Le patron, à qui on a attribué des velléités présidentielles, considère qu’il faut «mettre l’argent des riches dans notre croissance». Citant les 6 000 milliards d’euros d’épargne disponibles dans le pays, il inciterait plutôt les riches à investir «dans l’économie de demain». Et il le martèle : «Taxer les riches ne sauve pas le modèle social.» Il a enfin confirmé ne pas avoir été appelé dans le cadre du futur gouvernement.