
Les grands patrons montent au créneau. Ce mardi 27 janvier, en marge de ses vœux, Bernard Arnault n’a pas fait dans la dentelle pour qualifier la politique du gouvernement. Alors que le budget 2026 prévoit le retour de la surtaxe sur les grandes entreprises, le patron de LVMH a dévoilé des résultats moroses : bénéfice net en baisse de 13% et chiffre d’affaires en recul de 5%. Pour le milliardaire, la France est «contre les entreprises» et préfère «taxer un maximum les entreprises et donc crée du chômage».
Un discours que comprend l’ancien patron du Medef, Pierre Gattaz. Invité de BFMTV mercredi soir, il a d’abord souligné que le dirigeant de LVMH était «un Zidane de l’économie». Mais surtout, il s’est insurgé contre la politique menée par le gouvernement qui n’a de cesse de taxer les entreprises. «Il faut arrêter avec la justice fiscale. On est le pays qui taxe le plus au monde. Vous avez 45% de prélèvements obligatoires», a-t-il tancé, rappelant au passage que la moyenne européenne était à 40%.
150 milliards d’euros d’impôts
Résultat : ces taxes pèsent sur les entreprises. «C’est 150 milliards d’impôts de trop que nous payons, nous entreprises, par rapport aux Allemands, aux Italiens», a-t-il déploré. Comme l’a répété Michel-Edouard Leclerc sur TF1 ce jeudi matin, Pierre Gattaz estime que le discours du gouvernement «ne parle jamais d’économie». «Dans une entreprise, quand vous êtes en crise, comme la France l’est aujourd’hui, vous faites du chiffre d’affaires, mais vous faites des économies, vous gérez vos dépenses», a-t-il rappelé.
Pire, selon l’ancien président du Medef, «la France vit au-dessus de ses moyens depuis 40 ans». Il regrette à cet égard que la gauche soit «partie avec l’extrême gauche» et surtout la période où il était en poste, sous François Hollande ou Manuel Valls. «Des sociaux-démocrates» qui avaient compris la nécessité de «protéger l’outil de travail, l’économie» et compris qu’il fallait «produire de la richesse avant de la distribuer». Malheureusement, en 2026, «on ne fait que du social», a regretté Pierre Gattaz, et surtout, «on se fiche de qui crée de la richesse pour faire du social».
Plus globalement, Pierre Gattaz a fustigé un discours «terrible» contre les entreprises, alors que dans un tel «moment de nervosité», elles devraient être aidées. «On nous sert une soupe politique où les entreprises se ‘goinfrent’» à la place. Autant d’éléments qui créent de la colère, de la défiance et de la méfiance pour l’ensemble des patrons. Résultat, certains hésitent à investir, embaucher et songent même à partir.



















