La polémique enfle autour des TGV Ouigo. Hausse sensible des tarifs, multiplication des options payantes, rapprochement supposé avec les prix des Inoui… La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) a récemment tiré la sonnette d’alarme. Des critiques qu’Alain Krakovitch, directeur de TGV-Intercités chez SNCF Voyageurs, juge injustes. Dans les colonnes du Parisien, ce vendredi 20 février, il défend bec et ongles l’offre low-cost.

Selon l’Autorité de régulation des transports (ART), le prix moyen d’un billet Ouigo est passé de 19,80 euros en 2017 à 34,70 euros en 2024, soit une hausse de 75%. Un chiffre que le dirigeant nuance. L’augmentation serait «plutôt d’environ 50%», et s’expliquerait par plusieurs évolutions structurelles du modèle. A partir de 2017, Ouigo a élargi son périmètre, en desservant notamment des gares parisiennes où les frais de péage sont plus élevés. Dans le même temps, les distances moyennes des trajets ont augmenté, avec l’ajout de liaisons plus longues comme Paris-Brest ou Paris-Perpignan.

«Ouigo est 30% moins cher qu’Inoui»

Selon Alain Krakovitch, ces changements structurels expliquent 80% de la hausse, l’inflation représentant les 20% restants. «Depuis 2019, la hausse des tarifs Ouigo n’est que de 25%», assure-t-il. Le patron de TGV-Intercités réfute également tout alignement sur les prix des TGV Inoui, dont les tarifs n’ont progressé que de 8% sur la même période. «Ouigo est 30% moins cher qu’Inoui», martèle-t-il, soulignant que l’offre low-cost transporte aujourd’hui 28 millions de voyageurs par an.

Face aux critiques, Alain Krakovitch dénonce un «mauvais procès» et va plus loin encore : «Arrêtons de taper sur ce qui fonctionne. J’ose le mot, ce combat anti-Ouigo est une forme de mépris de classe ! Les voyageurs qui ont de petits budgets ont besoin d’Ouigo et, moi, je me bats pour le train pour tous

Pour appuyer ses propos, il met en avant les performances commerciales récentes. Depuis décembre, 250 000 billets ont été vendus sur la nouvelle liaison Paris-Hendaye en Ouigo, dont 70% à moins de 30 euros. Un chiffre qui, selon lui, confirme que la promesse de prix bas reste au cœur du modèle.