Les infrastructures liées à l’intelligence artificielle vont nécessiter des investissements massifs. C’est dans ce cadre, notamment, que la société japonaise SoftBank a annoncé en marge du sommet Choose France vouloir investir 75 milliards d’euros dans le pays, dont 45 milliards dans les Hauts-de-France. De tels investissements vont nécessiter la création de data centers géants, à l’image des projets qui sont déjà en cours dans le pays, que ce soit à Cambrai, Villefontaine et à Eybens (Isère) ou encore à Fouju (Seine-et-Marne), Marcoussis (Essonne) et Dugny (Seine-Saint-Denis). Or, dans certaines régions, des collectifs manifestent contre ces sites à cause de leur impact écologique et à cause de leur consommation énergétique.

Aux Etats-Unis aussi, la grogne monte, souligne BFM, puisque seuls 26% des Américains sont favorables à l’implantation de data centers géants. Et ce n’est pas cette affaire dans le Texas qui risque de les faire changer d’avis. Comme l’expliquent nos confrères, la petite ville de Taylor s’était vue offrir par un habitant une parcelle de 87 hectares afin d’y créer un parc. Cette cession date de 1999. A l’époque, la famille Bland cède son terrain pour une dizaine de dollars. Mais 26 ans, plus tard, c’est un promoteur spécialisé dans les centres de données (Blueprint) qui a mis la main dessus pour 10 millions de dollars.

La ville ne pouvait «pas refuser»

Evidemment, le promoteur ne prévoit pas d’y faire un parc ni quelconque espace vert. Il prévoit de construire un data center géant de 12 500 mètres carrés. Mais alors, comment expliquer que ce terrain, transféré à un organisme à but non lucratif, et normalement réservé aux enfants du quartier pour se rendre au parc public, soit aujourd’hui voué à devenir un vaste centre de données ? En réalité, le terrain est passé de main en main et la Taylor Economic Development Corporation l’a revendu au prix fort.

Une douche froide pour les riverains, qui, comme la majorité des Américains, ne voient pas d’un très bon œil l’implantation de ce nouvel espace à quelques mètres de chez eux. En cause, le bruit, la pollution, la consommation énergétique ou encore la valeur de leurs biens qui va chuter. Comme le rapportent nos confrères sur son site, la ville de Taylor se justifie par le fait qu’elle ne peut tout simplement «pas refuser» une telle offre.

Une action en justice, mais les travaux se poursuivent

Aujourd’hui, le combat ne fait que commencer pour les riverains qui ont lancé une action en justice afin de faire respecter les clauses du contrat initial. Selon leur avocat, l’acte de 1999 précise que des restrictions sont encore applicables aujourd’hui. Toutefois, le collectif a été débouté une première fois puisque la juge n’a pas autorisé la suspension des travaux pendant la procédure d’appel. Aucun des plaignants ne souhaite de l’argent, mais seulement que les volontés de la famille Bland soient respectées, à savoir un parc. Verra-t-il le jour ?