Sans doute pour son dernier sommet Choose France, Emmanuel Macron a annoncé des investissements de taille : 90 milliards d’euros, 71 projets, 15 000 emplois à la clé… «une édition record et historique», a mis en avant le chef de l’Etat, accompagné de Masayoshi Son, le patron du groupe japonais SoftBank. Ce dernier fait d’ailleurs partie de ceux qui ont annoncé les plus gros investissements il y a quelques jours, avec un total de 75 milliards d’euros dans le pays, dont 45 milliards dans les Hauts-de-France d’ici 2031. SoftBank va investir dans des «infrastructures liées à l'intelligence artificielle».

Parmi ces infrastructures, il y aura évidemment des data centers sur trois sites, à Dunkerque (à Loon-Plage), Bosquel (Somme) et Bouchain (Nord). Mais comme le souligne Franceinfo, des projets d’envergure dans le domaine sont déjà en cours. Il y en a déjà un autre dans les Hauts-de-France, à Cambrai, opéré par Data4. Deux autres se situent en Isère, à Villefontaine et à Eybens, opérés aux par DataOne. A Eybens, des manifestants avaient d’ailleurs manifesté en mars dernier en dénonçant un équipement énergivore et aux impacts environnementaux préoccupants.

Vers une multiplication des sites ?

Il faut ajouter à ces sites ceux de Fouju en Seine-et-Marne, dont l’opérateur est MGX Mistral Bpifrance, mais également celui de Marcoussis (Essonne) par Data4 ainsi que Dugny (Seine-Saint-Denis) par Digital Reality. Mais comme ces sites sont énergivores, il faut pouvoir répondre, et c’est ce sur quoi s'est basé SoftBank notamment, comme l’a confié son patron dans La Tribune du Dimanche : «Le fait que le pays soit producteur et exportateur d'énergie est absolument décisif pour des investissements d'infrastructure dans l'intelligence artificielle. Surtout pour des data centers.»

Est-ce le début d’une vague de méga data centers dans le pays ? RTE a déjà dévoilé que 35 sites seraient «prêts à l'emploi» pour accueillir des centres de données dédiés à l'IA. D’autant qu’en dehors de ces investissements, la loi de «simplification de la vie économique» va permettre de faciliter l’installation de tels centres et à certains projets de bénéficier du statut de projet d’intérêt national majeur, rappelle Franceinfo. Ainsi, en plus du site de Fouju, le fonds émirati MGX prévoit déjà un deuxième site.

L’Ademe met en garde

Mais l’installation de ces data centers ne plaît pas à tout le monde, d’où les manifestations en Isère. Les militants du collectif Stop DataOne dénonçaient en mars auprès de France 3 une «aberration écologique», l’impact écologique et la consommation énergétique, sur une zone considérée déjà comme un îlot de chaleur. D’autant que, selon eux, le site ferait perdre des recettes fiscales à la commune. «A court terme, ce développement peut s'envisager sans contrainte majeure sur le système électrique français, mais il apparaît difficilement compatible avec les objectifs climatiques», avertit déjà l’Ademe.