
«Un arrêt de travail, ça ne se ‘prend’ pas, ça se prescrit», martèle l’Assurance maladie sur son site Ameli. Pour sensibiliser le public, une nouvelle campagne de communication est d’ailleurs en cours. Les arrêts de longue durée pèsent particulièrement lourd : en 2025, les arrêts maladie totaliseraient un coût global de 16 milliards d’euros, dont deux tiers concernent ceux de plus de six mois, rapporte RMC. Ce phénomène n’est pas sans conséquence sur la trésorerie des entreprises. Certaines ont ainsi décidé d’agir en faisant appel à des cabinets spécialisés pour effectuer des contre-visites médicales.
Objectif : vérifier la réalité de certains arrêts et, le cas échéant, alerter la Sécurité sociale. Un employeur témoigne auprès de nos confrères : «On a fait intervenir une entreprise qui regroupe des médecins qui sont habilités à rendre visite aux salariés en arrêt pour voir s’ils sont à leur domicile.» Il poursuit :«Ils remplissent un compte rendu qui est transmis à l’employeur. On a eu un salarié absent une fois, deux fois et en fait, on a appris après coup que le salarié était à l’étranger».
200 euros la visite
Ces visites, légales, sont facturées environ 200 euros chacune et peuvent aboutir à la suspension des indemnités versées parla Sécurité sociale si une fraude est constatée. Mais en pratique, leur efficacité reste limitée, en raison d’un manque de réactivité et de suivi des services concernés.
«Notre responsabilité, c’est d’être réactif par rapport à ces sollicitations. S'il y a des situations individuelles sur lesquelles on n’a pas été réactif, il faut améliorer les circuits d’information. Mais ils sont déjà assez largement ouverts», reconnaît Thomas Fatôme, le directeur général de l'Assurance maladie, au micro de RMC. En attendant des contrôles plus efficaces, certaines entreprises prennent les devants… à leurs frais.


















