
Blue Origin se positionne sur un marché encore embryonnaire mais très convoité. Comme l'indique France info, l’entreprise de Jeff Bezos a en effet déposé le 19 mars une demande auprès du régulateur américain des télécommunications (FCC) pour lancer jusqu’à 51 600 satellites. Son but est d'héberger des centres de données dans l’espace grâce à son projet «Project Sunrise». Ces infrastructures seraient installées en orbite basse, entre 500 et 1 800 kilomètres d’altitude, et s’appuieraient sur un réseau de communication laser intersatellites baptisé TeraWave, annoncé pour 2027.
Cette initiative repose sur un constat partagé par le monde de la tech : les besoins énergétiques de l’intelligence artificielle dépassent les capacités terrestres. Blue Origin met en avant des «obstacles sévères» pour développer de nouveaux data centers sur Terre, notamment en raison de leur consommation d’eau, d’électricité et de foncier. En les déplaçant dans l’espace, l’entreprise espère donc alléger la pression sur les infrastructures existantes, tout en profitant d’une énergie solaire disponible en continu et à volonté.
Une ruée vers le cloud spatial
Mais Blue Origin est loin d’être seule sur ce créneau. La start-up américaine Starcloud a, elle aussi, saisi la FCC avec un projet encore plus ambitieux : jusqu’à 88 000 satellites dédiés au calcul en orbite basse. L’entreprise a déjà testé un premier satellite équipé d’un processeur d’IA et mise sur une production énergétique continue grâce à des orbites spécifiques. Plus spectaculaire encore, SpaceX, le «bébé» d'Elon Musk, a demandé l’autorisation de déployer jusqu’à un million de satellites capables de fonctionner comme des mini data centers alimentés par le Soleil. Une échelle sans précédent, alors que la constellation Starlink compte aujourd’hui plusieurs milliers d’engins. Reste que de nombreuses inconnues subsistent : résistance des équipements, coûts de lancement ou risques de saturation de l’orbite terrestre. Dans l'attente des autorisations, les premiers data centers spatiaux ne sont pas pour demain.



















