Guerre en Ukraine, guerre commerciale (droits de douane) entre la Chine et les Etats-Unis… Alors que l’attention des investisseurs en actions reste braquée sur les principaux conflits actuels, de nouvelles tensions entre l’Inde et le Pakistan viennent s’ajouter. Un conflit qui rappelle «la fragilité de l’équilibre en Asie du Sud», avertit Mirabaud. L’attaque de civils hindous dans le Cachemire et les représailles militaires de l’Inde qui ont suivi «font ressurgir le spectre d’un conflit ouvert entre deux puissances nucléaires», fait valoir l’établissement financier, pour qui les enjeux régionaux, économiques, juridiques et humanitaires ne doivent surtout pas être occultés.

La montée marquée des tensions entre l’Inde et le Pakistan montre bien que la question du Cachemire demeure un foyer de déstabilisation majeur, dont les ramifications ne sont pas que locales, loin de là. Entre affrontements militaires, pressions économiques et instrumentalisation de l’eau, le conflit Inde-Pakistan «prend une tournure multidimensionnelle inquiétante», avertit l’établissement financier, pour qui «seule une mobilisation internationale ferme peut éviter une nouvelle tragédie régionale», face au risque d’escalade. La Bourse est pour l’heure peu affectée (surtout soulagée en début de semaine par l’annonce d’une nette désescalade sur le front des droits de douane de Donald Trump), mais les investisseurs en actions feraient mieux de surveiller l’évolution des tensions entre l’Inde et le Pakistan.

Conflit Inde-Pakistan : une menace nucléaire bien réelle

L’origine du conflit entre l’Inde et le Pakistan sur le Cachemire remonte à 1947, lors de la partition de l’Inde britannique, qui a donné naissance à l’Inde (majoritairement hindoue) et au Pakistan (majoritairement musulman). Le Cachemire avait alors décidé de faire partie de l’Inde malgré sa population à dominante musulmane. En réponse, le Pakistan avait tenté de l’annexer par la force, au prix d’une guerre. Aujourd’hui, deux tiers du territoire sont administrés par l’Inde et un tiers par le Pakistan. Mais les tensions persistent au Cachemire, qui constitue encore un enjeu géostratégique majeur et un des foyers de tension les plus dangereux au monde, âprement disputé par l’Inde et le Pakistan, qui continuent de revendiquer l’intégralité du territoire.

L'Inde et le Pakistan détiennent l'arme nucléaire, à hauteur de 172 têtes pour New Delhi contre 170 à 200 pour Islamabad (selon les estimations). New Delhi ne l’utiliserait qu’en riposte à une attaque d’Islamabad, mais le Pakistan se réserve quant à lui le droit de l’utiliser «en premier, notamment pour contrer une offensive militaire conventionnelle», souligne Mirabaud, qui relève en outre que l’Inde et le Pakistan ne sont pas signataires du Traité de non-prolifération nucléaire. Un défaut de transparence qui «accroît les risques de malentendu, d’autant plus que leurs différends - notamment sur le Cachemire - donnent régulièrement lieu à des escarmouches militaires», avertit Mirabaud.

Outre son action militaire, l’Inde recourt à l’arme économique et diplomatique pour accroître la pression sur le Pakistan. New Delhi aurait fait savoir au FMI qu’elle s’opposait à la prolongation d’un important prêt de 7 milliards de dollars à Islamabad et envisagerait d’autres actions pour limiter l’accès du Pakistan à l’aide internationale. Et sur le front commercial, l’Inde «a suspendu les échanges restants avec le Pakistan», note Mirabaud. Dans ce contexte délétère, certains observateurs avertissent d’un risque croissant de déstabilisation du Pakistan.

Une guerre Inde - Pakistan aurait d’importantes conséquences, comment réagira la Bourse ?

Une guerre entre l’Inde et le Pakistan aurait de lourds impacts sur l’Asie centrale, qui se trouverait alors déstabilisée d’un point de vue économique, sécuritaire et géopolitique. Le conflit «perturberait les routes commerciales et les projets d’infrastructure stratégiques, ralentissant ainsi l’intégration régionale et la croissance économique» et favoriserait «des flux migratoires importants», fait valoir Mirabaud. Sur fond de rivalités commerciales, énergétiques et militaires, les grandes puissances (Chine, Russie et Etats-Unis), désireuses de défendre leurs intérêts stratégiques, ne resteraient probablement pas les bras croisés.

En particulier, la Chine chercherait à sécuriser ses investissements dans le corridor économique Chine-Pakistan (CPEC). Et la Russie, historiquement proche de l’Inde, pourrait chercher à contenir l’instabilité aux frontières afghanes. Enfin, «les conséquences climatiques et agricoles d’un conflit nucléaire, même limité, seraient désastreuses pour une région dont l’économie reste très dépendante de l’agriculture», souligne Mirabaud. Si le conflit Inde-Pakistan devait dégénérer, la Bourse pourrait chuter. Et le CAC 40 ne serait alors pas épargné non plus.

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