
La Bourse de Paris évoluait en petite baisse ce jeudi 12 mars, rattrapée par la hausse des prix du pétrole malgré le recours aux réserves stratégiques, relançant les craintes de pressions inflationnistes. Vers 10h, heure de Paris, le CAC 40 perdait 0,42% soit 34,04 points, pour s'établir à 8 007,77 points. La veille, le CAC 40 a perdu 0,19%, pour s'établir à 8 041,81 points. Les prix du pétrole évoluent toujours à la hausse, et ce, malgré la décision mercredi des 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - de débloquer 400 millions de barils - un record - dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement.
«Dans le langage des salles de marché, la libération de réserves par l'AIE équivaut à pointer un tuyau d'arrosage vers un incendie de raffinerie», estime Stephen Innes, gérant chez SPI AM. «Le marché fléchit brièvement, puis revient immédiatement à l'évaluation du véritable problème.» Les pays du Golfe ralentissent actuellement leur production pétrolière d'au moins 10 millions de barils par jour (mb/j), en raison du blocage du détroit d'Ormuz, soit «la plus importante perturbation» de l'approvisionnement en ou noir de l'histoire, a indiqué ce jeudi l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans un rapport.
La Bourse tient bon malgré les tensions au Moyen-Orient
Les flux de brut et de produits pétroliers traversant le détroit d'Ormuz, point de passage clé du commerce de pétrole, étaient d'environ 20 mb/j avant la guerre au Moyen-Orient. Ils sont désormais réduits à un filet haché. «La réaction des marchés actions a été relativement modérée, surtout comparée à la baisse plus marquée sur les marchés obligataires», remarque Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, qui note que les actions sont moins sensibles aux craintes de poussées inflationnistes qui découleraient de la guerre.
«Même si les actions restent dans le rouge, les événements au Moyen-Orient n'ont pas encore provoqué de débâcle sur les marchés mondiaux, bien que l'indice Euro Stoxx 50 (l'indice européen de référence, ndlr) ait déjà enregistré six séances de baisse depuis le début du mois», poursuit-elle.
Les géants de la défense grimpent en Bourse
Les valeurs de la défense profitent du contexte géopolitique et tirent leur épingle du jeu ce jeudi. Vers 10h, heure de Paris, le titre Thales gagnait 4,00% à 257,40 euros et l'action Dassault Systèmes prenait 0,78% à 18,18 euros. En face, les valeurs bancaires flanchent, BNP Paribas perdant 1,92% à 87,72 euros, Crédit Agricole cédant 2,15% à 16,65 euros et Société Générale baissant de 1,68% à 66,86 euros.
«La hausse des prix du pétrole entraîne un changement notable dans les anticipations concernant les banques centrales», souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. Pour Neil Wilson, de Saxo Markets, «des inquiétudes subsistent quant au risque d'une réaction trop rapide des banques centrales».


















