Le CAC 40 a peu réagi au remplacement de François Bayrou par Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre. Néanmoins, la crise politique en France reste d’actualité. Et l’Hexagone, dont la dette publique représente pas moins de 113% du produit intérieur brut (PIB) et qui devrait voir les intérêts s’envoler ces prochaines années, «se doit de voter un nouveau budget et de réduire son déficit d’au moins 0,5 point de PIB pour respecter ses engagements européens», avertit LBP AM (La Banque Postale asset Management), curieux de voir comment l’agence de notation Fitch, qui va livrer demain son verdict sur la note de la dette française, «va appréhender l’impasse politique actuelle».

Le géant français de la gestion d’actifs dit rester prudent sur la dette française. Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, surveille de son côté l’évolution du taux d’intérêt à 10 ans de la France. En effet, du point de vue de l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution du cours de Bourse), en cas de franchissement confirmé de la barre de 3,59-3,63% sur le taux à 10 ans français, un signal négatif serait envoyé sur les perspectives des obligations d’Etat de la France, ce qui risquerait, dans ce cas de figure défavorable, de favoriser des pressions vendeuses sur le CAC 40 et les actions de la Bourse de Paris.

Nasdaq, S&P 500… la Bourse des Etats-Unis bien plus chère que le CAC 40, où vont les actions et les ETF ?

Aux Etats-Unis, sur le front de la croissance économique, le rapport sur l’emploi en août traduit un marché du travail plus faible que prévu, en raison entre autres des retombées de la politique économique de Donald Trump. Le chômage a grimpé à 4,3% et «moins de 30 000 emplois en moyenne sur les trois derniers mois ont été créés (le rythme le plus faible depuis la reprise post-Covid)», fait valoir LBP AM. Les révisions des données précédentes sur l’emploi américain ont été très négatives. «Après les déceptions récentes, elles permettent une baisse de taux de la Fed de 0,5 point de pourcentage», juge CPR Asset Management. Néanmoins, de son côté, LBP AM dit continuer à insister sur le risque d’une (mauvaise) «surprise à la hausse pour l’inflation», ce qui compliquerait l’action de la Fed.

Pour l’heure, la Bourse des Etats-Unis continue de profiter des espoirs de baisses de taux de la Fed et des bons résultats de plusieurs poids lourds de la cote. Comme ceux d’Oracle, explosifs, qui ont rendu du jour au lendemain son fondateur aussi riche qu’Elon Musk, avec une fortune qui a fait un bond de 89 milliards de dollars en un jour et de 191 milliards depuis début 2025. Mais la hausse des droits de douane aux Etats-Unis, qui sont remontés au niveau de la Grande Dépression des années 30, «aura un impact négatif sur la croissance économique et haussier sur l’inflation. Et les actions américaines, à des niveaux record pour le Nasdaq et le S&P 500, sont devenues surachetées, historiquement chères (selon certaines jauges de valorisation et bien plus chères que le CAC 40, en comparaison, NDLR) et dangereuses», résume Banque de Luxembourg Investments.

Quelles perspectives en Bourse sur les actions et les ETF ? Que disent l’analyse technique et l’analyse financière ?

Du point de vue de l’analyse technique, le CAC 40 a (comme redouté dans notre analyse du 28 août sur les actions et les ETF) continué de perdre du terrain. Il tente depuis quelques jours un rebond mais il se retrouve (à l’heure où ces lignes sont écrites) au contact de l’obstacle horizontal de 7 833-7 837 points, ce qui incite à une certaine prudence. Quant aux marchés actions américains, le S&P 500 pourrait bientôt éprouver le besoin de reprendre son souffle, tandis que le Nasdaq 100 se retrouve au contact d’obstacles.

Alors que les perspectives du CAC 40 et de la Bourse des Etats-Unis (Nasdaq, S&P 500 et Dow Jones) sont assez incertaines actuellement, plusieurs secteurs, pays, ou thématiques d’investissement porteurs tirent leur épingle du jeu vis-à-vis du marché actions. Quels placements en Bourse privilégier ? Trackers, la lettre d’investissement de Capital dédiée à l’achat d’ETF, livre deux fois par mois des pistes d’investissement à potentiel. Découvrez l’analyse technique, économique et financière de Jean-David Haddad, professeur agrégé d’économie, Nicolas Gallant, créateur de Momentum, et Thomas Andrieu, spécialiste des cycles économiques. Pour s’abonner à Trackers, il suffit de cliquer sur le lien ci-après. En optant pour un abonnement annuel, 5 mois sont offerts.