L’allocation faite de 60% d’actions en Bourse et de 40% d’obligations, en général souveraines (obligations d’Etat), est supposée être la base de la gestion de portefeuille. Mais pourquoi vouloir une telle proportion d’obligations étatiques alors que leur rendement est inférieur aux actions ? On considère habituellement que les obligations servent de matelas de sécurité en cas de récession. Mais encore faut-il qu'elle survienne. La dernière grande récession, hors épisode Covid, a été causée par la crise financière de 2007-08. Dans la foulée, le PIB français a chuté de -2,9%.

Les récessions sont de moins en moins fréquentes. Cela s’explique par la tertiarisation de l’économie, une moindre dépendance aux matières premières et à l'industrie et par le stimulus budgétaire et/ou monétaire permanent. À chaque soubresaut - crise sociale, catastrophe climatique etc. - l’État sort son carnet de chèques pour apaiser les mécontentements. S’il est question de problèmes financiers ou de tensions sur le marché du crédit, c’est la Banque Centrale Européenne (BCE) qui intervient. Résultat, la récession, autrefois propre au cycle de vie du capitalisme, a quasiment disparu.

Crises budgétaires et endettement massif, le couple toxique

En économie, on parle de domination budgétaire lorsque la politique monétaire se met au service de la politique budgétaire pour éviter une crise d’endettement et garantir que l’État puisse continuer de se refinancer à des taux abordables. C’est exactement la situation dans laquelle nous nous trouvons. La dette publique mondiale explose. Les pays développés vont emprunter un montant record de 17 000 milliards de dollars en 2025 – soit +3 000 milliards de dollars par rapport à 2024. Quasiment tous les pays développés sont concernés. En France, nous allons devoir emprunter 310 milliards d’euros l’an prochain. Ce serait impossible sans les banques centrales qui veillent au grain et s’assurent que les taux restent bas.

Ce n’est pas la première fois que nous sommes en situation de domination budgétaire. Ce fut le cas à la fin des années 40 et dans les années 50 aux États-Unis en particulier. Il fallait gérer les conséquences économiques et financières de l’effort de guerre. Ce fut une période de vache maigre pour les obligations dont le rendement était limité du fait de l’intervention de la banque centrale américaine. Cette dernière asséchait le marché en achetant toutes les obligations à 10 ans ayant un rendement supérieur à 2,5% et maintenait son taux directeur à 3,8%. En revanche, ce fut une période faste pour les actions.

Passer à l’action, en Bourse

En régime de domination budgétaire, les taux d’intérêt réels sont négatifs ou proches de zéro. C’est parfait pour le secteur privé, qui peut s’endetter à un coût inférieur à l’inflation. De son côté, l’État n’est plus réellement contraint et sa dette se stabilise voire augmente. Il peut dépenser comme il l’entend. Tout cela stimule la demande, fait croître le chiffre d’affaires des entreprises et soutient la hausse des actions. Prenons le S&P 500, sa performance cumulée est de +126% entre 1940 et 1949 et de +492% entre 1950 et 1959. C’est beaucoup. C’est en ligne avec ce que nous avons connu de 2010 à 2019 - début d’une nouvelle phase de domination budgétaire - avec une hausse de +256%.

Attention, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de correction (baisse, NDLR) en Bourse. En 1947, le S&P 500 a perdu 8%. C'est le fonctionnement normal des marchés financiers. Cela permet à de nouveaux acheteurs d’entrer, ce qui favorise une nouvelle impulsion haussière. Tant que les banques centrales seront au service des États, détenir une forte exposition aux actions et réduire celle à la dette souveraine est certainement la meilleure décision qu'un épargnant puisse prendre.

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