Depuis une dizaine de jours, les marchés vivent au rythme de la guerre au Moyen-Orient, démarrée par les frappes israélo-américaines sur l'Iran suivies de représailles de Téhéran contre plusieurs pays de la région. Mardi 10 mars, l'indice vedette parisien avait rebondi (+1,79%), après plusieurs séances de reculs, après que le président américain Donald Trump avait assuré que le conflit était «quasiment» fini, provoquant une chute des prix du pétrole. Le cours des hydrocarbures grimpe depuis le début du conflit, le brut ayant même frôlé les 120 dollars le baril en début de semaine avant de redescendre sous 90 dollars , en raison des perturbations que le conflit provoque dans le détroit d'Ormuz, où transite 20% de la production mondiale.

«Les événements liés à la guerre en Iran continuent de se précipiter et demeurent très difficiles à prévoir», abonde Andreas Lipkow, analyste pour CMC Market. Les marchés attendent des annonces de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui pourrait proposer un recours massif aux réserves stratégiques de pétrole afin d'enrayer la flambée des prix, selon le Wall Street Journal. Une réunion du G7 des chefs d'Etat par visioconférence mercredi «évoquera sans doute» la question des stocks stratégiques, a déjà indiqué le ministre de l'économie Roland Lescure.

Les taux à long terme grimpent après les propos de Christine Lagarde, le CAC 40 inquiet

Autre signe de tensions toujours importantes, les taux d'intérêt à long terme des pays européens repartent à la hausse, face aux craintes d'un regain d'inflation sur le continent en raison de la flambée des prix de l'énergie. Vers 9h50, le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette française atteignait 3,51%, contre 3,44% la veille en clôture. Avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.

Son équivalent allemand, référence en Europe, atteignait 2,88%, contre 2,83% mardi soir. Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte. La BCE est davantage sous pression pour adopter une politique monétaire restrictive, sans baisses de taux, en raison de cette situation. La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a affirmé mardi que l'institution monétaire ferait tout ce qui est «nécessaire» pour que «l'inflation soit sous contrôle» face à la flambée des prix de l'énergie.