
«Nous ferons tout ce qu'il est nécessaire de faire pour que l'inflation soit sous contrôle et que les Français, les Européens ne subissent pas des augmentations d'inflation du type de celles que nous avions vues dans les années 2022 et 2023» déclenchées par la guerre en Ukraine, a-t-elle déclaré lors d'une interview sur France 2 et France Inter. Interrogée sur une éventuelle hausse de taux à venir, la présidente de l'institution n'a pas répondu, invoquant la forte «incertitude» qui demeure autour de la situation au Moyen-Orient. La prochaine décision de politique monétaire de la BCE est attendue le 19 mars, au lendemain de la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).
«Je ne pense pas du tout qu'on soit dans une situation de stagflation», une situation très inconfortable pour une économie, combinant forte inflation et faible croissance, a par ailleurs précisé Christine Lagarde. «Ça arrive quand les mesures décidées par les banquiers centraux sont les mauvaises», a-t-elle affirmé, assurant que la BCE prendra les "mesures nécessaires pour garder l'inflation sous contrôle". Christine Lagarde a également insisté sur le fait que la situation était «très différente de 2022» lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, arguant que «l'inflation est maîtrisée» et «la croissance est assez résistante» dans la zone euro.
Dans le même temps, les cours du pétrole se sont envolés
L'inflation s'est établie à 1,9% dans la zone euro en février sur un an, juste en dessous de l'objectif de la BCE. Elle avait atteint un record de 10,6% sur un an en octobre 2022, dans le contexte d'une flambée des prix de l'énergie liée à la guerre en Ukraine. La croissance économique de la zone euro en 2025 est par ailleurs estimée à 1,4% selon Eurostat. Aussi, les «ordres de grandeur en termes d'augmentation de prix» de l'énergie ne sont pas les mêmes, comparé à l'envolée des cours après l'invasion russe de l'Ukraine, a-t-elle souligné. «En revanche, ce qui est très différent, c'est qu'on a un degré d'incertitude et un degré de volatilité (des fluctuations brutales, ndlr) qui est absolument étonnant, qui n'a pas son pareil en 2022», a-t-elle ajouté.
Les cours du pétrole se sont envolés jusqu'à quasi 120 dollars lundi, avec une flambée historique de 30% en l'espace de quelques heures, avant de modérer leur hausse. Ils ont même chuté mardi de jusqu'à plus de 11%. Les prix actuels restent cependant pour le moment loin des sommets atteints à l'époque du déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022 : le gaz avait ponctuellement dépassé 300 euros par mégawattheure - pour un record absolu de 345 euros. Les prix du pétrole avaient quant à eux été propulsés proches de leurs records de 2008, le Brent, la référence mondiale, culminant à 139,13 dollars le baril et le WTI, son homologue américain, à 130,50 dollars.

















