
La Bourse de Paris chute de 2,8% ce mardi 3 mars, après déjà une forte baisse de la veille, craignant une poussée inflationniste en Europe qui pourrait être avancée par la flambée des prix de l'énergie au quatrième jour de la guerre israélo-américaine contre l'Iran. Vers 11h15, heure de Paris, l'indice vedette CAC 40 perdait 2,8%, pour s'établir à 8 158 points. Lundi, le CAC 40 avait déjà terminé en nette baisse de 2,17%, pour s'établir à 8 394,32 points.
Une attaque de drones a touché ce mardi l'ambassade des Etats-Unis en Arabie saoudite au quatrième jour du conflit, Israël continuant pour sa part ses bombardements s'intensifient sur Téhéran et le Liban. Interrogé sur une éventuelle riposte, le président américain Donald Trump a déclaré : «vous le découvrirez bientôt». Israël a de son côté étendu ses opérations au Liban, y menant des frappes meurtrières et massives, en réponse à une attaque lundi du mouvement chiite Hezbollah soutenu par Téhéran.
Flambée du prix du gaz, la Bourse sous pression
Le conflit a propulsé les prix du gaz naturel européen, qui flambaient encore mardi d'environ 25% vers 10h30 heure de Paris, d'après le contrat à terme du TTF, la référence pour le Vieux continent. «Cela soulève la crainte que, même si cette guerre reste localisée, puisse elle fortement impacter la croissance européenne et raviver l'inflation», l'Europe restant exposée au gaz venant du Moyen-Orient, a relevé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.
«En termes directionnels, une hausse des prix de l'énergie exerce une pression à la hausse sur l'inflation, en particulier à court terme», a déclaré Philip Lane, chef économiste de la BCE, dans une interview accordée au Financial Times. Un tel conflit «aurait des effets négatifs sur l'activité économique», a-t-il ajouté. «Le gaz naturel représente une part majeure du mix énergétique européen, et 80 à 90% de l'approvisionnement du continent est importé», a rappelé Kathleen Brooks dans une note publiée lundi. «Les importations de GNL en provenance du Qatar représentent 10 à 15% des importations totales de gaz de l'Europe».
Risque d'inflation et sur les taux de la BCE, le CAC 40 fébrile
La flambée des cours du gaz constitue pour l'Europe «un événement stagflationniste (une inflation durable combinée à une croissance fragile, ndlr) pas encore à l'échelle de la guerre en Ukraine en 2022, mais avec ce potentiel», a estimé Neil Wilson. «Pour le marché et les banques centrales, la grande question demeure celle de la durée attendue du conflit», ont souligné les analystes de Natixis. «La trajectoire des taux» directeurs mondiaux «est extrêmement sensible à une chose : le risque d'inflation», résume Stephen Innes, gérant de SPI AM.
«Quand les prix de l'énergie flambent, le scénario d'association monétaire des grandes banques centrales se complique», explique-t-il. Une politique monétaire plus stricte des banques centrales pour contrer l'inflation a tendance à déprécier la valorisation des actifs bancaires, et rend donc difficile de maintenir le niveau de fonds propres. En réaction, en Bourse, les actions BNP Paribas, SG et Crédit agricole plongent, comme attendu par Capital. Momentum, sa lettre d'investissement, avait aussi bien anticipé la rechute en Bourse des actions SG, BNP Paribas et Crédit agricole. Société Générale perdait 5,11% à 67,60 euros, BNP Paribas lâchait 3,90% à 88,49 euros et Crédit Agricole 3,56% à 17,74 euros vers 10h30 heure de Paris.

















