Lutter contre l’obésité et éviter les dosages trop riches en sucre. La taxe soda, entrée en vigueur en 2012, et qui concerne tous les jus de fruits, sodas ou eaux aromatisées avec du sucre ajouté, vient de prendre un sérieux coup de boost. Dans le projet de financement de la Sécurité Sociale 2025, il avait en effet été décidé d’alourdir sacrément cette redevance, l’occasion aussi pour l’État d'engranger des recettes supplémentaires.

Avec ce nouveau barème, d’ores et déjà en vigueur, les industriels supportent désormais une taxe de 4 euros par hectolitre (100 litres) en-dessous de 5 kg de sucre ajouté, contre 3,79 euros en moyenne avec l’ancien tarif. Entre 5 et 8 kg de sucre ajouté par hectolitre, la taxe monte à 21 euros, contre 7,30 euros en moyenne auparavant, soit un quasi-triplement. Et au-delà de 8 kg de sucre ajouté, la taxe est tout de même quasiment multipliée par deux pour atteindre 35 euros par hectolitre, contre 17,70 euros. En moyenne, cette taxe varie donc de 4 à 35 centimes d’euro par litre de boisson, en fonction de la teneur en sucre. En 2023, la «taxe soda» avait rapporté 443 millions d'euros, selon les chiffres du Syndicat des boissons sans alcool. En 2025, elle pourrait alors rapporter jusqu'à 800 millions d'euros. Même si, selon l'État, cette forte taxation a avant tout pour objectif d’amener les marques à diminuer le taux de sucre dans leurs boissons.

Le prix de la bouteille de Coca est passé de 2 euros à 2,30 euros

Avant de réfléchir à d'éventuels changements de recettes, les industriels ont plutôt décidé de répercuter cette ponction directement sur leurs consommateurs, en augmentant le prix de vente des produits dans les rayons. Selon une étude publiée par Nielsen IQ, l’inflation sur cette catégorie de produits atteignait ainsi 10% à fin avril 2025, par rapport à la même période l’an passé. Forcément, la hausse des prix est plus marquée pour les boissons dites «regular», à +6,1% en moyenne, que pour les boissons dites «light» ou «zéro», qui n’augmentent que de +1,6%. Alors dans les faits, pour un litre de Coca-Cola, contenant une quantité moyenne de 100 grammes de sucre, cette taxe soda alourdie représente 35 centimes. Soit une augmentation de 15 centimes. Voilà pourquoi le prix de la bouteille de 1,75 l est passé de 2 euros à 2,30 euros en l’espace de quelques semaines !

Conséquence : les ventes de sodas ont diminué de -3,3% en avril 2025 comparé à la même période de 2024. Et du 21 au 27 avril, elles ont chuté de 11,8% comparé à la même semaine en 2024. Faut-il y voir uniquement l’effet de la taxe soda ou un combo avec la mauvaise météo ?