
Le feuilleton durait depuis plus de cinq ans. Accusé par le Département de la Justice de monopole et de pratiques empêchant le développement d'une concurrence entre acteurs du marché de la recherche, Google a finalement été condamné par un juge de Washington le 2 septembre, a appris France 24. Mais le juge a été assez clément en rejetant la demande du gouvernement américain que la firme de Mountain View se sépare de son navigateur Chrome. «Les plaignants ont outrepassé leurs droits en demandant la cession forcée de ces actifs clés, que Google n'a pas utilisés pour imposer des restrictions illégales», mentionne la décision relayée par Les Echos.
Pour Google, il s’agit d’un ouf de soulagement, car en août 2024, le juge Amit Mehta avait reconnu Google coupable d'avoir maintenu illégalement son monopole dans la recherche en ligne. Pour ce dernier, le géant du web avait conclu des accords de distribution exclusive à plusieurs milliards de dollars par an. Captant près de neuf recherches sur dix dans la recherche en ligne, Chrome attirait toutes les convoitises, plusieurs acteurs s’étaient même positionnés pour un éventuel rachat.
Plus d’accords exclusifs dans le futur
Mais ce ne sera pas nécessaire. Dans sa décision, le juge a considéré qu'une vente de Chrome «serait extrêmement compliquée et très risquée». Dans le même temps, le méga contrat conclu avec Apple pour 20 milliards de dollars n’est pas non plus révoqué. «Google a le droit de payer des développeurs de navigateurs web, comme Apple», peut-on lire. Le juge évoque dans ce cadre un risque de «préjudices importants, voire paralysants dans certains cas», que ce soit pour «les partenaires de distribution, les marchés connexes et les consommateurs».
En revanche, Google devra mettre un terme aux accords exclusifs dans le futur, interdisant ou limitant la présence d’autres moteurs de recherche. Aucun problème, semble-t-il, pour Apple qui propose déjà comme moteurs de recherche Google, DuckDuckGo ou Microsoft Bing, rappellent Les Echos. Toutefois, Google devra mettre à disposition des «concurrents qualifiés» des données de son index de recherche ainsi que des informations sur l’interaction des utilisateurs.
Google va faire appel
Cette décision doit permettre à ses rivaux d’améliorer leurs services, mais cela ne concerne pas les «données publicitaires». Enfin, pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans, la firme de Mountain View devra distribuer des résultats de recherche à ses concurrents. Malgré ce jugement, Google entend déjà faire appel. En Bourse, sa maison-mère Alphabet grimpait de 7% mardi soir, tandis qu’Apple prenait 4% à Wall Street.


















