Le groupe bancaire français Crédit Agricole a publié ce jeudi 30 avril des bénéfices en hausse mais légèrement inférieurs aux attentes, et se voyait sanctionné à la Bourse de Paris, où il cédait plus de 6% dans la matinée. Le bénéfice net part du groupe a atteint près de 2,1 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année, soit une progression de 5,5% par rapport à la même période l'an passé, et ce malgré une hausse de ses provisions pour faire face à des risques économiques accrus liés à la guerre au Moyen-Orient.

Son produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires pour le secteur bancaire, a quant à lui crû de 2,8% pour s'établir à 10 milliards d'euros. Mais vers 10h10, heure de Paris, le titre du groupe perdait 6,10%, à 16,18 euros. Parmi les performances qui déçoivent les investisseurs, l'entité cotée du groupe Crédit Agricole S.A. (Casa) a notamment affiché un bénéfice de 1,67 milliard d'euros (+1,8% sur un an), contre 1,71 milliard d'euros anticipés par le consensus des analystes cités par Bloomberg.

Une performance à deux vitesses

«La performance est pénalisée par la baisse des activités de gestion d'actifs (-4,8%) et surtout par la forte chute des services financiers spécialisés (-52%), malgré une bonne tenue de la banque de détail en France (+11%)», explique dans une note John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank. «En résumé, la publication reflète une croissance modérée et une hausse du coût du risque (+32%) traduisant un environnement plus contraint malgré quelques poches de résiliences», ajoute l'analyste.

Les résultats du groupe sont qualifiés de «solides» par le dirigeant de Crédit Agricole S.A., Olivier Gavalda, malgré une forte hausse de son coût du risque, de plus de 30%, à 960 millions d'euros. Il s'agit là des sommes mises de côté pour parer aux défauts réels ou probables de remboursement de crédits par ses clients. Du fait de la guerre au Moyen-Orient, «nous provisionnons par rapport à des scénarios macroéconomiques qu'on estime dégradés», a expliqué Olivier Gavalda lors d'un point avec des journalistes.

600 000 nouveaux clients

«Au bout d'un moment, un pétrole plus cher (…) va avoir des conséquences évidemment négatives pour la croissance française et européenne», a-t-il développé, ce qui pourrait augmenter les défauts de remboursements de crédits. Mais Olivier Gavalda l'assure : «nous n'avons pas changé de politique d'octrois de crédit» et «nous sommes très aidants avec les PME des secteurs en difficulté», tels que les transports.

Sur le plan commercial, le groupe revendique 600 000 nouveaux clients dans ses «banques de proximité», c'est-à-dire ses caisses régionales, sa filiale LCL, mais aussi à l'international (principalement en Italie). Le groupe bancaire français avance d'ailleurs ses pions chez Banco BPM, la troisième banque italienne, avec une participation qui s'élève désormais à 22,9% du capital. Cette quote-part a contribué à hauteur de 111 millions d'euros aux résultats du trimestre, dépassant le cap des 100 millions d'euros par trimestre espéré par la direction en début d'année. L'actionnaire majoritaire de Casa, la SAS Rue La Boétie, a annoncé son intention de racheter jusqu'à 800 millions d'euros d'actions.