Ingénieur de formation, Loïk Le Floch-Prigent, ancien patron du groupe pétrolier Elf Aquitaine, est décédé ce mercredi 16 juillet, à l’âge de 81 ans. Cet homme d’affaires a dirigé plusieurs fleurons de l’industrie française : le groupe chimique et pharmaceutique Rhône-Poulenc, l’entreprise énergétique Gaz de France et la SNCF. Mais son nom restera surtout associé à l’un des scandales politico-financiers les plus retentissants de la Ve République : l’affaire Elf, entreprise qu’il dirige de 1989 à 1993. Cette entreprise publique fondée en 1967 gère des intérêts pétroliers stratégiques en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. Nationalisée à l’origine, elle commence à être partiellement privatisée dans les années 1990.

Tout commence au début des années 1990, lorsque la magistrate Eva Joly entame une enquête autour de mouvements financiers suspects. Elle découvre alors un système sophistiqué de détournements de fonds, de comptes occultes et de commissions versées à des décideurs étrangers. L’enquête met au jour un système complexe et organisé de corruption, destiné à alimenter à la fois des réseaux d’enrichissement personnel et le financement illégal de partis politiques. Le préjudice estimé dépasse les 300 millions d’euros, entre 1989 et 1993.

Condamné à cinq ans de prison

Parmi les protagonistes : Loïk Le Floch-Prigent, PDG de l’entreprise, Alfred Sirven, le responsable des affaires générales, André Tarallo, directeur de la zone Afrique et de puissants ministres français comme celui des Affaires étrangères, Roland Dumas, (1988-1993) à gauche et de l'Intérieur, Charles Pasqua (de 1986 à 1988 et de 1993 à 1995) à droite.

Le procès, qui s’est déroulé de 2001 à 2003 a été l’un des plus médiatisés de France. Loïk Le Floch-Prigent a été condamné à cinq ans de prison pour abus de biens sociaux dans le cadre de cette affaire. Il a été libéré en avril 2004 pour des raisons de santé. À la suite de ces démêlés politico-judiciaires, Elf a été absorbé par le groupe Total, devenu aujourd’hui Total Energies.