
Invité ce vendredi 10 avril sur BFMTV et RMC, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique E.Leclerc et porte-parole du mouvement, a livré une analyse sans détour de la stratégie pétrolière de TotalEnergies dans le contexte des tensions au Moyen-Orient. Interrogé sur les accusations de «profiteurs de guerre», le patron de la grande distribution estime que le débat dépasse les frontières nationales. «Il y a plein de profiteurs de guerre, mais ils ne sont pas sous nos juridictions», a-t-il déclaré.
Revenant sur la stratégie du géant pétrolier dirigé par Patrick Pouyanné, Michel-Edouard Leclerc salue une opération particulièrement bien menée.«Total a fait deux choses. Il a fait un coup. Je dirais un coup de génie de Pouyanné», affirme-t-il. Il décrit le dirigeant comme «un chef d’entreprise assez atypique, complètement allumé mais qui fait des grandes choses». Selon lui, le groupe pétrolier a su anticiper les perturbations logistiques liées au conflit. «Il a senti, il a acheté toutes les cargaisons qui ne passaient pas par Ormuz, il les a achetées pas cher», explique-t-il, évoquant également «70 bateaux» remplis de pétrole acquis dès le début des tensions.
«Il a bien joué stratégiquement pour sa boîte»
Le dirigeant du groupe E.Leclerc estime par ailleurs que cette stratégie aurait été très rentable. «Je crois que le Financial Times chiffre à 1 milliard le profit», indique-t-il, tout en soulignant que ces choix ont aussi permis de sécuriser l’approvisionnement. «Il a bien joué stratégiquement pour sa boîte», reconnaît-il, rappelant que TotalEnergies n’est pas uniquement une entreprise française, mais un groupe détenu en partie par des investisseurs internationaux.
Sur le terrain des prix des carburants, Michel-Edouard Leclerc reste prudent mais envisage une baisse dans les prochains jours si la situation internationale ne se dégrade pas. «Ce matin, on peut être dans cet ordre là si cet après-midi ça ne reflambe pas», estime-t-il, évoquant une possible baisse de 10 à 15 centimes. Il nuance toutefois ses prévisions : «Je ne le sens pas», lance-t-il concernant un retour aux prix d’avant-crise. «Et je pense que l’intérêt de ceux qui ont fait cette guerre, c’est qu’on ne retrouve pas le niveau d’avant», ajoute-t-il, dénonçant des intérêts économiques liés à l’or noir. Selon lui, «l’intérêt de la guerre aujourd’hui, pour beaucoup d’oligarques, c’est le pétrole».


















