Alors que TotalEnergies a mis en place depuis le 8 avril 2026 un plafonnement des prix des carburants, mais aussi des prix bloqués pour les week-ends des 1er-Mai et 8-Mai, les stations-service indépendantes se retrouvent dans une mauvaise posture. Concrètement, l’entreprise plafonne le prix du sans-plomb à 1,99 euro le litre et celui du diesel à 2,25 euros.

Contrairement à TotalEnergies, ces stations n’ont aucune marge possible de réduction des prix, car elles n’ont pas d’activité de raffinerie. Les stations indépendantes sont donc agacées par la concurrence agressive de Total, et ont annoncé saisir l’Autorité de la concurrence pour «abus de position dominante», selon RMC. Concrètement, c’est la FF3C (la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage), qui représente un millier de stations indépendantes dans cette bataille juridique qui s’ouvre. La saisine devrait donc être déposée en fin de semaine prochaine, pour remettre en cause la stratégie de TotalEnergies, perçue comme une «distorsion de concurrence».

Une enquête qui pourrait durer plusieurs années

Selon la FF3C, les exploitants qui attaquent TotalEnergies auraient vu leur volume de vente chuter ces dernières semaines, depuis la décision de plafonnement de Total. Ces chutes peuvent aller jusqu’à 30 % pour certaines d’entre elles en avril. Des plafonnements chez TotalEnergies qui poussent les automobilistes à privilégier leurs stations et à modifier leurs habitudes.

Ce que reprochent les stations-service indépendantes à TotalEnergies, c’est avant tout sa position particulière sur le marché. En ayant une activité de raffinerie et en distribuant son propre carburant, l’enseigne dispose d’une marge pour diminuer les prix. Mais les stations indépendantes dépendent des achats auprès des importateurs. L’enquête de la FF3C pourrait durer des années. Et si TotalEnergies peut légalement pratiquer des prix plus bas, c’est sa place sur le marché qui est interrogée, et si elle peut déséquilibrer la concurrence.