
Le directeur général du géant bancaire UBS a vivement critiqué mardi les nouveaux droits de douane américains, dénonçant une situation «incontrôlable» et une incertitude «qui va perdurer». «Je n’aurais jamais pensé que cela deviendrait aussi incontrôlable», a déclaré Sergio Ermotti, lors d’une assemblée du parti libéral-radical zurichois, rapporte l’agence de presse Keystone-ATS. Selon le dirigeant de l’un des plus grands établissements bancaires du monde, une solution rapide n’est pas possible.
La semaine écoulée depuis le 2 avril et ce que le président américain Donald Trump a appelé «le jour de la libération», quand il a annoncé des droits de douane visant les importations de la plupart des pays, a créé une grande incertitude dans le monde entier, explique M. Ermotti, qui est convaincu que «cela va perdurer». «La probabilité d’une solution à court terme est tombée à 20% ou 30%», juge le banquier.
Mener à bien l'intégration de Credit Suisse
Au début de cette guerre commerciale déclenchée par Donald Trump, il espérait encore que quelques accords pourraient être signés par la voie bilatérale. «Notre problème en tant que banque est que nos clients auront des problèmes à plus long terme», a indiqué M. Ermotti, même s’il est persuadé que : «nous (la banque) sommes bien préparés».
M. Ermotti a été rappelé à la barre d’UBS pour mener à bien la fusion avec Credit Suisse, après le rachat forcé de sa rivale pour lui éviter une faillite et possiblement une crise financière plus large. Une intégration en bonne voie, après un assainissement des segments les plus problématiques de Credit Suisse.
Une crise pire que pendant la pandémie
Le directeur général se montre en revanche moins optimiste concernant la Suisse. «Beaucoup de gens n’ont pas connu de récession jusqu’à présent», note-t-il, du moins de récession durable. Selon lui, les fortes contractions de l’économie mondiale provoquées par la grande crise financière de 2008 ou la pandémie de coronavirus n’ont pas été de véritables récessions, car dans les deux cas, l’économie s’est rétablie relativement rapidement.
Il estime que cette fois-ci les choses sont différentes. Les annonces du président américain ont provoqué un séisme sur les places financières, faisant chuter depuis plusieurs jours les principaux indices boursiers dans le monde, mais aussi le dollar.
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