
Une décision non sans conséquence. Le 1ᵉʳ mars, la fameuse taxe sur les petits colis a été adoptée. Instaurée par l’article 82 de la loi de finances pour 2026, son objectif est clair : «limiter les importations de produits très bon marché et encourager le recours aux circuits courts et aux commerces de proximité», assure le gouvernement sur son site officiel. Pour autant, les géants chinois du e-commerce ont décidé de ne pas se laisser faire. Ainsi, les vols cargo en provenance de l’Empire du Milieu ont chuté de 60% nous apprend l’Union des entreprises de transports et de logistique de France (TLF), dont se fait l’écho RMC, jeudi 12 mars. Cela représente une cinquantaine de trajets en moins chaque semaine.
Pire encore, à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, la quantité de petits colis a dégringolé de 92% depuis le 3 mars en comparaison aux chiffres constatés en moyenne en 2025. Un constat qui n’a rien d’étonnant pour le vice-président de l’Union des entreprises de transports et de logistique de France, Yannick Buisson. Selon lui, «on est dans la même situation que l’Italie qui a mis en place cette taxe en janvier». Pour autant, il note au micro de RMC que «l’ampleur du contournement est beaucoup plus importante». En effet, pour contrer la taxe de 2 euros sur chaque produit livré, Shein, Temu et consorts posent leurs avions cargos dans d’autres pays européens avant d’acheminer autrement leurs colis dans l’Hexagone.
Une stratégie provisoire ?
Autre conséquence : le trafic va augmenter sur les autoroutes du nord de la France. Rien que dans le nord, il faut s’attendre à la présence de près de 4 000 poids lourds de plus, croit savoir TLF. Au détriment des aéroports tricolores, donc. Au grand dam de Jean-Marc Roze, président du conseil départemental de la Marne. Selon lui, «tous les efforts pour développer l’aéroport [de Vatry, NDLR] vont être annihilés par une taxe stupide qui rapportera très peu, et qui va détruire beaucoup d’emplois». Difficile, pour lui, de décolérer. «Je suis dépité», conclut-il au micro de RMC.
Pas de quoi faire peur au ministre des PME et du Commerce. Serge Papin assume cette «guerre de mouvements». D’autant plus que, pour lui, «le contournement, ce n’est pas si évident que ça, ça ne facilite pas les choses, c’est plus compliqué de livrer dans le Cantal depuis Amsterdam que depuis Roissy». En outre, une nouvelle disposition européenne instaurera une nouvelle taxe à échelle européenne de 3 euros sur les petits colis. La solution du contournement n’est donc que provisoire…
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