Leur départ s’est déroulé sans tambours ni fanfare, au cœur de l’été. L’ex-président de la République Nicolas Sarkozy, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière ou encore Jean Todt, l’ancien directeur de l’écurie automobile Ferrari, ont tous quitté, les uns après les autres, le conseil d’administration de Barrière. Emboîtant le pas à l’ancien P-DG de ce groupe hôtelier, Dominique Desseigne qui, à 78 ans, s’est enfin résolu à confier les rênes à son fils de 36 ans, Alexandre Barrière, pour ne plus occuper qu’une présidence d’honneur. Une «succession» digne de la série américaine, qui aura duré deux ans, et au cours de laquelle le père et le fils, qui vivaient pourtant sous le même toit, n’ont souvent communiqué que par avocats interposés.

Des médiateurs, dont Nicolas Sarkozy, se sont chargés de pacifier le conflit père-fils

Il faut dire que cet héritier, né Desseigne, avait décidé de reprendre le nom de sa mère Diane, brutalement décédée alors qu’il était adolescent. Une manière de symboliser le reniement du père, face à «l’adoration divine de sa mère», selon un de ses amis. Joy Desseigne-Barrière soutenait, elle, son frère, sans pour autant vouloir se fâcher avec son père… Les médiateurs officieux, chargés de pacifier ce conflit, ont donc déployé des trésors de diplomatie, qu’il s’agisse de Nicolas Sarkozy, réputé proche de Dominique Desseigne, comme de Marc Ladreit de Lacharrière, qui intercédait auprès du fils. «Je suis heureux d’avoir accompagné le groupe pendant douze ans et d’avoir contribué à sa transmission à la nouvelle génération», se félicite sobrement le patron de Fimalac auprès de Capital, tout en se disant soulagé que la hache de guerre soit enterrée. Le milliardaire peut d’autant plus l’être qu’il en a profité, au passage, pour revendre toutes ses parts aux héritiers.

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital Profitez de -40% sur votre abonnement annuel standard
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement