Nos grands patrons seront sur tous les fronts l’an prochain : pour aider au réarmement, comme Eric Trappier avec ses Rafale et Pierre-Eric Pommellet avec ses sous-marins. Pour défendre les secteurs mis à mal par la concurrence chinoise, comme Ouarda Ech-Chykry chez Kiabi. Ou pour redresser des géants à la peine, comme Marie-Ange Debon à La Poste ou Luca de Meo chez Kering. Même s’il leur faudra, pour cela, composer avec les incertitudes fiscale et réglementaire.

Luca de Meo, directeur général de Kering

Le nouveau pilote est attendu au tournant, dès début 2026

Appelé en septembre dernier au chevet du géant du luxe par François-Henri Pinault, l'ancien boss de Renault a la lourde tâche de remettre de l’ordre au sein des principales maisons du groupe, qu’il s’agisse de Gucci, Saint Laurent, Balenciaga ou Boucheron. Alors que les marges plongent en même temps que les revenus (à 17,2 milliards d'euros en 2024, soit – 12% sur un an), le nouveau pilote est rapidement intervenu en posant des limites à la toute-puissance des directeurs artistiques, en revoyant l’état-major, et en accélérant les lancements de collections.

Fin octobre, il s’est aussi délesté de la branche beauté, cédée à L'Oréal pour 4 milliards d'euros. Une façon de réduire les 10,5 milliards de dettes du groupe et de doper les revenus de ses licences. Si celle liée à Gucci devait lui rapporter autant qu'Yves Saint Laurent (aux parfums et maquillages déjà gérés par L'Oréal), tout le monde serait gagnant. Ses premiers résultats seront scrutés de près, dès début 2026.

Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation

Il mène la bataille du futur chasseur européen

Plan de vol chargé en 2026 pour le patron de Dassault Aviation. Avec déjà 533 Rafale en commande ferme et 8 pays clients à l’export, Eric Trappier espère un nouveau contrat avec l’Inde, pour 90 appareils. De quoi soutenir les cadences de production, portées à 4 unités par mois. Mais c’est une autre bataille des airs qui va l’occuper : celle de l’avion de chasse du futur, dont un démonstrateur est prévu en 2029. Alors qu’une nouvelle phase du Scaf (pour Système de combat aérien du futur), le programme européen dont cet appareil constitue le cœur, doit s’amorcer début 2026, Dassault (France) et Airbus Defence and Space (Allemagne) s’en disputent le leadership. Au point qu’un abandon du projet n’est pas à exclure. Mais peu importe : Eric Trappier s’est dit prêt à partir en solo, pour un appareil 100% français.

Marie-Ange Debon, PDG du groupe La Poste

Elle devra bouger le géant du service public

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