
Une guerre «quasiment terminée», Téhéran est «proche de la défaite»… Depuis quelques jours, Donald Trump multiplie les déclarations sur une possible fin de l’offensive au Moyen-Orient. Est-ce une opération de communication ? Une réelle volonté de mettre fin au conflit le plus vite possible ? Ou une nécessité ? Car si les Etats-Unis ont dépensé plus de 5,6 milliards de dollars en munitions les seuls deux premiers jours des attaques sur l’Iran, selon le Pentagone, ils ne parviennent pas non plus à prendre le contrôle du ciel iranien : drones Shahed, missiles 358… la résistance s’organise côté iranien.
Surtout, comme l’indique BFMTV, ses stocks de munitions commencent à s’amenuiser, et plus particulièrement ses missiles anti-drone. Washington dispose bien du Patriot PAC-3 de Raytheon et du THAAD de Lockheed Martin, toutefois, la disponibilité de ces intercepteurs est limitée. Beaucoup ont déjà été utilisés depuis l’opération des premiers jours baptisée «Epic Fury». Or, l’Iran continue d’attaquer, et pour répondre, les Américains se seraient tournés vers un concurrent, le missile sol-air coréen à moyenne portée Cheongung-II (M-SAM II).
Trois fois moins cher qu’un Patriot
C’est la télévision coréenne SBS, citant des responsables gouvernementaux du pays, qui a indiqué que les Etats-Unis utilisaient déjà le système antimissile développé par la société LIG Nex1. Si le Cheongung-II est loin d’être nouveau, puisqu’il est distribué à des pays comme l’Irak, les Emirats arabes unis ou l’Arabie saoudite depuis cinq ans, il est intéressant à plusieurs titres. D’abord, son prix. Alors qu’un Patriot est estimé à 3,7 millions de dollars pièce, son concurrent coréen serait trois fois moins cher selon la presse coréenne.
«Le Cheongung-II, grâce à son rapport prix/efficacité et à ses délais de livraison rapides, s'impose comme un système de défense aérienne à moyenne altitude capable de compléter le Patriot, très coûteux et dont l'approvisionnement est limité», explique dans le Korea JoongAng Daily l’analyste de chez Hana Securities, Chae Un-sam. Autre point-clé : il serait aussi efficace que les systèmes américains comme le Patriot PAC-3, avec un taux de réussite de 96% contre les attaques de missiles et de drones iraniens, assure un membre de la commission de la défense de l’Assemblée nationale coréenne.
Plus facile et plus rapide à produire
Enfin, il est plus facile à produire que le Patriot ou le THAAD de Lockheed Martin, qui ne peut en livrer respectivement que 600 et 96 chaque année. Face aux centaines de missiles envoyés par l’Iran vers les pays du Golfe, cela est donc insuffisant. De son côté, le Coréen LIG Nex1 serait capable d’augmenter sa production en neuf à douze mois. Dans une guerre qui consiste surtout en des tirs de missiles et, plus globalement, des frappes à distance, les dispositifs de défense s’avèrent donc cruciaux pour les armées. La Corée du Sud en profitera-t-elle ? Elle est déjà le neuvième exportateur d’armes au monde.




















