
Les prix du pétrole grimpent ce lundi 27 avril dans les échanges en Asie, poussés par l'incertitude persistante au Moyen-Orient où des discussions entre Iran et Etats-Unis ont été annulées tandis que le détroit d'Ormuz reste quasi-paralysé, mais les Bourses asiatiques ont résisté. Vers 6h30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en juin, référence du marché américain, grimpait de 1,96% à 96,25 dollars. Et le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison le même mois, référence du marché mondial, gonflait de 2,16% à 107,60 dollars.
L'Iran poursuit en direction de la Russie son ballet diplomatique destiné à recueillir des soutiens dans la guerre contre Washington, les Américains restant aux abonnés absents après l'annulation d'une mission des émissaires de Donald Trump. Environ trois semaines après le cessez-le-feu obtenu après 40 jours de combats, le détroit d'Ormuz fait toujours l'objet d'un double blocus iranien et américain, qui y paralyse de facto le trafic dans ce passage stratégique où transitent d'ordinaire 20% du brut mondial.
Les marchés sur la défensive
Les tentatives de relance des discussions ébauchées début avril dans la capitale pakistanaise ont pour l'instant échoué face à la fermeté affichée par Washington comme par Téhéran. «Compte tenu de l'incertitude persistante quant à l'évolution du conflit avec l'Iran, les marchés devraient, pour l'heure, rester sur la défensive», commente lundi Michael Wan, de la banque MUFG. «Néanmoins, nous interprétons les récents signaux comme des éléments positifs : le président américain semble désormais placer la barre beaucoup plus haut avant d'envisager toute nouvelle action militaire. D'autre part, du côté iranien, on observe des tentatives continues de négociation — y compris par l'intermédiaire de médiateurs régionaux», ajoute-t-il.
Lundi en cours de séance, «des informations relayées par (le média américain) Axios ont fait état d'une nouvelle proposition de l'Iran aux Etats-Unis visant à rouvrir le détroit d'Ormuz», a raconté Chris Weston, du courtisan Pepperstone. «Cette nouvelle a incité les opérateurs à intervenir sur le marché du pétrole et a offert un vent porteur aux (marchés boursiers). Il convient de surveiller attentivement cette situation pour déterminer si elle s'inscrit dans la durée», poursuit-il.
Les investisseurs suspendus à l’évolution de la situation au Moyen-Orient
Le marché reste suspendu à l'évolution de la situation : «plus cette crise s'éternisera, plus son impact sera important, et plus les effets de la destruction de la demande ainsi que de l'inflation se sentiront de manière marquée sur la région Asie», très dépendante des hydrocarbures du Golfe, prévient M. Wan. La monnaie américaine se stabilisait à 159,40 yens pour un dollar, et l'or cédait 0,1% à 4,714 dollars l'once. A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en hausse de 1,37% à 60 537,36 points, après un nouveau sommet historique en séance.
L'indice élargi Topix a pris 0,50% à 3 735,28 points. A Séoul, l'indice Kospi a bondi de 2,15%, à un nouveau sommet inédit (6 615 points), poursuivant sur sa lancée après avoir volé la semaine dernière de record en record. Taipei a grimpé de 1,76%. Sydney en revanche s'est replié de 0,23%, et l'indice hongkongais Hang Seng cédait 0,33% vers 6h30 GMT. Les places de Séoul et Tokyo restent portées par une solide performance des valeurs technologiques, poids lourds de la côte, sur fond d'optimisme autour de l'intelligence artificielle (IA), ce qui estompait les inquiétudes géopolitiques liées au Moyen-Orient.
La tech donne de l’élan aux Bourses asiatiques
«Les valeurs liées à la technologie devraient retenir l'attention sur le marché boursier japonais», après la forte poussée du secteur vendredi à Wall Street sur fond de résultats d'entreprises encourageants, observent les experts de Tokai Tokyo Intelligence. A Tokyo, les titres liés aux semi-conducteurs se sont envolés, à l'instar de Disco Corp (+6,03%) ou d'Advantest (+6,99%), tandis qu'à Séoul, le champion de puces mémoires SK hynix a flambé de quelque 5%.
«La bonne nouvelle pour l'Asie réside dans le fait que le déploiement de l'IA à l'échelle mondiale demeure très vigoureux et semble même s'accélérer, comme en témoignent les résultats supérieurs aux attentes publiés par Intel», abonde Michael Wan. Pour autant, «les inquiétudes concernant la situation au Moyen-Orient pourraient in fine peser sur les marchés boursiers japonais», également suspendues à la décision de la Banque du Japon (BoJ) mardi, a ajouté Tokai Tokyo Intelligence.


















