
Fondé en 1820 à Saint-Étienne, Verney-Carron a été placé en redressement judiciaire le 12 février dernier, en raison de difficultés financières persistantes. Le groupe belge FN Browning Group, acteur majeur de l’armement mondial, a saisi l’opportunité et a déposé une offre ferme de rachat, qui en fait l’actionnaire majoritaire à 70 %, rapporte Le Parisien le 17 mars qui est allé à la rencontre des salariés du groupe stéphanois.
Ce géant de l’armement, basé à Herstal en Belgique, est notamment détenu par la région wallonne et réalise un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros. Il est notamment propriétaire de marques emblématiques telles que Winchester. Pour FN Browning, l’acquisition de Verney-Carron représente un renforcement stratégique de sa présence en France et un accès à un savoir-faire unique.
Une transition économique inévitable ?
Verney-Carron, qui emploie 70 salariés et affiche un chiffre d’affaires de 5,4 millions d’euros, souffrait de difficultés de trésorerie, malgré l’entrée du Français Cybergun à son capital en 2022. L’entreprise spécialisée dans l’airsoft s’était engagée à investir 20 millions d’euros sur cinq ans, mais n’a finalement injecté que 12 millions en trois ans. Désormais, l’actionnariat de la société stéphanoise se répartira entre FN Browning, Cybergun et la famille Verney-Carron.
Si ce rachat par un acteur étranger interroge dans un contexte de réarmement national, l’armurier y voit une opportunité de développement. «Être adossé à un leader mondial nous donne un réseau de distribution plus large et un accès à des ressources en R&D», indique au Parisien une source interne.
Quel avenir pour Verney-Carron ?
Malgré ce changement de contrôle, les activités de l’entreprise resteront implantées à Saint-Étienne. L’armurier vient d’ailleurs de signer un contrat de cinq ans avec la police nationale pour fournir des lanceurs de balles de défense (LBD) aux CRS. Le marché des armes de chasse, bien que stable, ne suffit plus à assurer la pérennité de l’entreprise. L’appui de FN Browning devrait garantir sa survie tout en lui offrant de nouvelles perspectives industrielles.
Pour les salariés, le soulagement est palpable. «Nous perdons une partie de notre souveraineté, mais nous conservons notre outil de production en France. Il faut désormais reconstruire et retrouver de la sérénité», affirme un employé. Ce rachat s’inscrit dans une stratégie plus large de FN Browning, qui est également en négociations exclusives pour acquérir Sofisport, un acteur majeur des munitions de chasse et de tir sportif.


















