Une tendance à relativiser. Alors que Leclerc connaissait des mois de forte croissance, sa part de marché a régressé pour la première fois, selon les informations du Parisien. Au 18 mai, elle était de 24 %, contre 24,2 % il y a un an, d’après les derniers chiffres de l’Institut KantarWorldpanel. Ainsi, ce coup de mou est à relativiser largement, surtout que le groupe reste toujours devant le deuxième du secteur, Carrefour (à 20,6 %).

Gaëlle Le Floch, la directrice marketing de KantarWorldpanel, énonce que «Leclerc était arrivé l’an dernier à un maximum historique», et ce, «après grosso modo 40 mois de croissance ininterrompue». Néanmoins, elle rappelle qu’en un an, «le distributeur a perdu 377 300 acheteurs». Cette légère baisse de la part de marché de Leclerc s’explique en grande partie par une concurrence accrue dans le secteur. En effet, celle d’Intermarché a augmenté d’un point, tandis que la part de marché d’Auchan est en hausse de 0,4 %. Ces enseignes ont notamment repris de nombreux magasins Casino et ont accru leur parc de magasins.

Les rachats ne garantissent pas une hausse des parts de marché

De plus, selon Philippe Goetzmann, expert de la grande consommation, «ce raisonnement en parts de marché est relatif, puisqu’il tient compte avant tout de l’attitude des autres distributeurs». Il ajoute que ces différentes opérations de rachat externes ne garantissent pas nécessairement une hausse continue des parts de marché. Intermarché a d’ailleurs dû fermer 30 magasins Casino car ils étaient «inexploitables». Certains magasins Cora repris par Carrefour «perdraient du chiffre d’affaires», confie un autre expert à nos confrères.

Philippe Goetzmann ne se montre en aucun cas inquiet pour Leclerc, et martèle que le «renouveau» de l’enseigne passera par elle-même : «non seulement, son agilité prix est toujours aussi forte, mais elle s’est même renforcée récemment : l’indice-prix chez Leclerc est à 91, pour une moyenne nationale qui se situe à 100».