Comme Bernard Tapie, David Layani a misé très tôt sur la reprise de sociétés, juste après avoir créé sa société, dès l'âge de 23 ans. L’ancien gamin de Belleville, qui donnait tant de souci à sa mère et changeait sans cesse de lycée, a commencé à racheter des parcs informatiques pour les installer dans les entreprises. Sans argent, il vise alors les structures en redressement judiciaire, et, dans les années 2000, rafle de nombreuses PME à la barre du tribunal. Certains concurrents n’apprécient pas ses méthodes «à la Nanard». «Il a gagné contre nous alors que les syndicats nous avaient choisis, explique un rival. Je pense qu’il connaissait bien le président du tribunal de commerce.» Le jeune entrepreneur, qui se forge déjà une réputation de cow-boy prêt à tout, enchaîne de la sorte une dizaine d’acquisitions : Natea, Nexworld ou Geronimo. En 2015, une OPA sur le belge Vision IT lui permet de doubler de taille.

Mais il comprend vite qu’il ne doit pas rester dépendant de la gestion de parcs informatiques, et qu’il faut accélérer sur les activités de conseil. Le fameux virage digital que le groupe informatique Atos, que David Layani ambitionne de reprendre, a manqué. En 2018, Onepoint réalise sa première acquisition de taille en rachetant Weave, pour 120 millions d’euros. L’histoire n’a pas été de tout repos. «Layani a perdu ses financements au dernier moment et nous avons dû lui prêter de l’argent !, se rappelle l’ancien patron de Weave, Didier Rousseau. Puis, quelques mois plus tard, il m’a assigné pour non-respect de ma clause de non-concurrence. Ça a été un moment compliqué.»

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