Brian Niccol est un patron de grande valeur. Pour le recruter en août dernier, le géant mondial des coffee shops lui a attribué 90 millions de dollars d’actions Starbucks, en plus d’une prime de signature de 5 millions de dollars et d’une rémunération annuelle de 1,6 million de dollars. Mais la marque a dû s’asseoir un peu sur les siennes, de valeurs… Car le nouveau président-directeur général doit parcourir chaque matin 1600 kilomètres en jet privé - celui que l'entreprise met gracieusement à sa disposition - entre son domicile californien et le siège, à Seattle. Soit la distance entre Paris et Stockholm…

Et tant pis pour les promesses de réduction de l'empreinte carbone. A profil exceptionnel, conditions exceptionnelles. Les résultats obtenus chez Chipotle, d'où il a été débauché, font en effet saliver ses nouveaux employeurs. «Les revenus de la chaîne ont presque doublé et les profits été multiplié par sept. Le cours de l’action a bondi de près de 800 % sous sa direction», souligne le communiqué annonçant la nomination. Pour le dire en langage Starbucks, ici le grain justifie les moyens.

Une fréquentation en baisse et des ventes en mode ristretto depuis des mois

Il fallait bien un profil de cette envergure pour tenter de raviver le géant américain. Dans les couloirs du géant de Seattle, l'ambiance est morose. Depuis des mois, la fréquentation de ses 40 199 coffee shops s'émousse. Après des années de forte croissance (+24% en 2021, +11% en 2022 et encore +11% en 2023), le chiffre d'affaires a stagné en 2024, à 36,2 milliards de dollars. Et encore. Si le géant ne boit pas la tasse, c'est seulement grâce aux ouvertures de magasins. A restaurants comparables, les ventes se sont serrées de 2%.

  • -2%. le recul des ventes de Starbucks sur son exercice 2024, à périmètre comparable. Pour un chiffre d’affaires total de 36,18 Mds $.
  • 1100 postes. C’est l’ampleur des licenciements demandés au siège par Brian Niccol le nouveau PDG pour redresser l’entreprise, en plus des centaines de postes dont le remplacement a été gelé.

Publiés trimestre après trimestre, ces chiffres en mode ristretto ont commencé à inquiéter les actionnaires, habitués à des dividendes taille americano. Ils ont aussi précipité la crise de gouvernance de l'été dernier, avec le limogeage du PDG, Laxman Narasimhan, moins de seize mois après sa prise de fonction, et  la nomination de Brian Niccol. L'annonce a été particulièrement bien accueillie. Le titre Starbucks a bondi de 23% dans la journée du 13 août 2024, gonflant la valorisation du groupe de 21 milliards de dollars. Cela a valu au nouveau boss de l'arabica d'être consacré par le Wall Street Journal comme "le PDG qui valait 27 milliards" - puisque les titres de Chipotle, son ancienne maison, ont fondu de 6 milliards dans le même temps !

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