Six millions de Français dégainent chaque jour leurs tickets ou leur carte titres-restaurants. Et si désormais vous n’aviez plus besoin de penser à l’avoir sur vous, ni de vérifier si votre boulanger ou votre resto de quartier l’accepte ?

Aujourd’hui, le système proposé par les quatre acteurs historiques du secteur (Swile, Endered, Pluxee, UpCoop, qui s'octroient 99% d’un marché évalué à 10 milliards d’euros), repose sur un accord à trois. D'un côté, ils nouent un contrat avec les entreprises qui vont équiper leurs salariés de titres-restaurant. Et de l’autre avec les établissements de restauration ou les commerçants de produits alimentaires, qui acceptent ce type de paiement, moyennant une commission versée à ces quatre marques. En d’autres termes, aujourd’hui, tous les commerces de France n’acceptent pas automatiquement les titres-restaurant.

Fini le refus des commerçants

Mais des changements sont en cours. Des start-up, comme la PME normande Olenbee, ont mis en place un nouveau système pour révolutionner le marché et ringardiser ces acteurs historiques. Le principe est tout simple : intégrer la somme allouée aux titres-restaurant sur votre carte bancaire. «Le montant pris en charge par l’employeur est versé sur Olenbee. Notre système, qui repose sur l’intelligence artificielle, identifie les dépenses éligibles aux titres-restaurant faites par le consommateur et nous les remboursons», nous explique Arnaud Martenat, directeur général d'Olenbee, créé en septembre 2024. Aux consommateurs de choisir à quel rythme ils souhaitent être remboursés : tous les jours, toutes les semaines ou tous les mois.

Alors finis les refus de commerçants non affiliés et les paiements en deux temps si vous dépassez le plafond quotidien de 25 euros, comme le veut la loi. Plus besoin de chercher l’étiquette «Titres acceptés» : tout passe, tant que c’est de l’alimentaire. Boulangerie, grandes surfaces, restos, livraison à domicile, même l’épicier de quartier est dans la boucle. Et pour les commerçants : paiement immédiat, sans commission.

Bientôt la même chose pour les cartes cadeaux ou les chèques vacances ?

Ce service, lancé il y a six semaines par Olenbee, compte déjà 500 salariés utilisateurs. «Nous espérons compter 10 000 utilisateurs d’ici à la fin de l’année 2025», envisage Arnaud Martenat. La start-up, qui vient de lever deux millions d'euros, s'apprête à faire une nouvelle levée de fonds d’ici à fin 2025 pour un montant de cinq millions d’euros. Objectif ? Étendre ce service aux chèques cadeaux voire aux chèques vacances afin de simplifier et de décloisonner tout le modèle des avantages salariés.