
Fin du papier, usage élargi au dimanche, possibilité de faire des dons… La ministre déléguée chargée du Commerce, Véronique Louwagie avait promis de s’atteler à la réforme des titres-restaurant dès son entrée en fonction en décembre 2024. C’est chose faite.
À l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi 26 juin à Bercy, la ministre a présenté, en détail les différents axes de cette réforme pour qui vise à simplifier, à moderniser et à sécuriser le titre-restaurant et ce, de manière pérenne. En d’autres termes, fini les votes en urgence tous les ans pour décider de la prolongation du dispositif. «Les titres-restaurant, qui représentent 10 milliards de dépenses chaque année, ont été créés en 1967. La réforme était nécessaire», indique la ministre, qui engage un chantier profond, issu du fruit de concertations menées avec les différentes parties prenantes (consommateurs, commerçants, restaurateurs, émetteurs…).
Adieu les règles absurdes et les limites kafkaïennes. Les 5,5 millions de salariés bénéficiaires pourront utiliser leurs titres-restaurant le dimanche, et partout en France. Jusqu’à présent, vous pouviez uniquement les utiliser dans les commerces de votre département ou ceux limitrophes. Il sera également possible de s’en servir pour l’achat de toutes les denrées alimentaires (sauf l’alcool, l'alimentation infantile ou pour animaux…) dans les magasins de distribution alimentaire. De quoi satisfaire une large majorité des consommateurs. Selon le baromètre 2025 d’Openeat, 86% d’entre eux sont favorables à leur utilisation les dimanches et 80% à la prolongation de leur usage en grande distribution. En revanche, il sera interdit d’y avoir recours pour les jours fériés. Et pour inciter à la consommation, il ne sera plus possible de prolonger leur validité au-delà d'un an.
Le double plafond enterré
Concernant les 10 millions d’euros perdus avec des titres non utilisés ? Jusqu’ici, c’était aux oubliettes. Demain, ce sera reversé à un fonds d’aide alimentaire, «Mieux manger pour tous». Et pour les consommateurs les plus généreux, il sera dorénavant possible de faire des dons associatifs.
Si les distributeurs alimentaires se réjouissent, il y en a qui font la grimace. Ce sont les restaurateurs qui y voient un manque à gagner d’un milliard d’euros sur deux ans pour leur profession. Ils craignent que les salariés préfèrent remplir leur chariot plutôt que de venir s’asseoir à leurs tables. La ministre rétorque que «les Français pourront aller au restaurant le dimanche grâce à cette réforme». En revanche, elle balaie l’idée de créer un double plafond pour l'utilisation des titres en grande distribution et chez les restaurateurs. «Cette réforme est équilibrée pour toutes les parties prenantes», estime Véronique Louwagie.
Un vote attendu entre l’automne 2025 et le printemps 2026
Alors que la version papier représente aujourd’hui encore 25% du marché (320 millions de titres papier sont émis chaque année), la dématérialisation de ces derniers sera obligatoire à partir du 1er mars 2027. De quoi offrir davantage de praticité aux consommateurs qui pourront désormais payer leurs dépenses de repas au centime près !
Mais patience, vous ne pourrez pas profiter de ces nouvelles libertés tout de suite. La réforme sera soumise au vote des parlementaires et des sénateurs entre l’automne 2025 et le printemps 2026, pour une entrée en vigueur, au plus tard le 1er mars 2027.
















