
En cette fin mars, les courtiers en crédit immobilier reçoivent les premiers barèmes de taux de la part des banques pour le mois d’avril. Des barèmes qui semblent témoigner de nouvelles hausses isolées, comme cela avait été le cas en février, après 13 mois de baisse continue. Dans un communiqué publié ce jeudi 27 mars, Pretto évoque une augmentation, «contenue», comprise entre 0,01 et 0,06 point, par rapport à mars. Ce qui porterait les taux moyens à 2,92% pour les crédits sur 15 ans, à 2,99% sur 20 ans et à 3,04% sur 25 ans, selon les données du courtier.
«La récente décision des Etats européens de renforcer leur défense militaire a entraîné un recours important aux emprunts d'Etat, engendrant une forte fluctuation des OAT (Obligations assimilables du Trésor)», explique Pretto. Le taux de rémunération que les investisseurs internationaux, sur les marchés financiers, exigent pour prêter à la France sur 10 ans s’élevait à 3,45% ce jeudi, contre 3,15% début mars. «Les banques qui se financent sur les marchés financiers, principalement les grandes banques nationales, ont donc répercuté dans leurs grilles tarifaires la hausse» de l’OAT à 10 ans, explique le courtier.
Les banques toujours en quête de clients
Une répercussion sans grande conséquence pour les acquéreurs immobiliers, toutefois. Prenant l’exemple d’un couple qui souhaite emprunter 260 000 euros, Pretto indique qu’en mars, avec un taux à 2,98% sur 25 ans, sa mensualité de remboursement s’élevait à 1 230 euros. Avec la hausse d’avril, de 0,05 point dans le cas de ce couple, le taux passe à 3,03%, d’où une mensualité de 1 237 euros, soit seulement 7 euros de plus. «La légère hausse des taux en avril ne doit pas masquer le fait que certaines banques restent dans une logique d’acquisition» de clients, souligne d’ailleurs dans le communiqué Pierre Chapon, président de Pretto.
Caroline Arnould, directrice générale de Cafpi, a, elle, reçu deux barèmes de taux en hausse pour avril, l’un de 0,25 point par rapport à mars et l’autre d’une «ampleur similaire». Vousfinancer et Meilleurtaux citent également cette augmentation de 0,25 point de la part d’une banque, sur l’ensemble des durées de crédit. Une évolution que Caroline Arnould juge «un peu à contre-courant du marché, les banques voulant encore des dossiers» de demande de financement. Surtout dans le contexte du retour du «printemps de l’immobilier», la traditionnelle saison des achats de maisons et d’appartements, qui n’a eu lieu ni en 2024 ni en 2023, en raison de la flambée des taux de crédit. Reste que "si certaines banques prévoient d'augmenter leurs taux en avril, il restent relativement bas par rapport aux années précédentes", tempère la directrice générale de Cafpi.
Accompagner l’élargissement du PTZ
Caroline Arnould invoque également «le booster» du marché immobilier que devrait représenter l’élargissement du prêt à taux zéro. A partir du 1er avril, il financera de nouveaux l’achat de maisons neuves et non plus seulement d’appartements, et dans toute la France, alors que le PTZ était auparavant circonscrit aux zones tendues, où l’offre de logements est très inférieure à la demande. Nul doute que les banques auront à cœur d’accompagner ce coup de pouce aux primo-accédants. «On le voit déjà dans des publicités», relève Caroline Arnould.
«L’effet “recherche” de dossiers par les banques peut encore jouer (favorablement) sur les taux, il ne faut pas généraliser la hausse de 0,25 point de l’une d’elles, la plupart des banques devraient garder des taux stables en avril», renchérit Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux. Pour qui il ne faut en revanche pas espérer de nouvelle baisse générale des taux, avec une OAT à 3,45%. D'où son conseil : «si vous avez une offre de prêt, signez la».
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