
Les taux de crédit immobilier ne baissent plus depuis six mois. Ils ont même commencé à remonter en ce mois de septembre, de 0,10 point environ, portant le taux moyen des crédits sur 20 ans à 3,35%, selon le baromètre publié par Empruntis ce vendredi 19 septembre. Mais cette moyenne nationale masque des disparités régionales. «Les régions du sud bénéficient de conditions légèrement plus favorables, tandis que l’Ouest (Bretagne et Pays de la Loire) se distingue par des taux plus élevés», indique le courtier.
C’est en effet en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), ainsi qu’en Auvergne-Rhône-Alpes (AURA) et en Bourgogne-Franche-Comté que les taux sur 20 ans (hors assurances) sont les plus bas (voir infographie ci-dessous), à 3,30% dans chacune de ces quatre régions. Pour les meilleurs profils, dotés d’une épargne et de revenus conséquents, il est même possible de décrocher un taux sous la barre des 3%, à 2,90%, en Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et en Corse.
Des taux plus élevés en Bretagne et dans les Pays de la Loire
A l’opposé, la Bretagne et les Pays de la Loire affichent les taux les plus élevés du pays, à 3,45% chacune pour les prêts sur 20 ans. Et même les meilleurs dossiers doivent se contenter dans ces deux régions d’un taux supérieur à 3%, à 3,05% en moyenne, comme dans toutes les autres régions, excepté les quatre avec un taux moyen de 2,90% et l'Ile-de-France (3%). Entre ces deux extrêmes, les Hauts-de-France, l’Ile-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et le Centre-Val-de-Loire proposent un taux moyen de 3,40% sur 20 ans, alors qu’il descend à 3,35% dans le Grand Est et en Corse.
Si les taux de crédit immobilier diffèrent d’une région à l’autre, c’est d’abord en raison de la «tension du marché local», explique le courtier Pretto. «Chaque banque évalue son risque en fonction du marché immobilier local. Dans une zone caractérisée par une forte demande de logements et une faible vacance locative, elle peut proposer des taux plus bas (que la moyenne nationale). A l’inverse, dans une région où le marché immobilier est plus instable, elle va majorer les taux pour se protéger», décrypte le courtier.
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Plusieurs milliers d’euros d’économies
Les écarts de taux régionaux tiennent également à la politique commerciale des banques locales. «Dans certaines villes ou départements, les banques locales se font davantage concurrence pour attirer des clients, ce qui peut faire baisser les taux», observe Pretto. «Le profil économique des emprunteurs» joue également, selon le courtier, «les établissements bancaires prenant en compte le revenu moyen et le taux d’emploi dans la région».
Or, «vous pouvez contracter votre crédit dans une autre zone géographique» que celle où vous achetez, afin de bénéficier de «meilleures conditions de financement», et, partant, bénéficier de «plusieurs milliers d’euros d’économies sur le coût total de votre prêt», assure Pretto. Pour un couple gagnant un total de 4 500 euros par mois, un taux à 3,42% en Auvergne-Rhône-Alpes représente une économie globale de 2 713 euros, par rapport à un taux de 3,50% dans une autre région, illustre-t-il.
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Avoir des attaches dans la région d’emprunt
«Rien n’empêche d’emprunter dans une autre région», acquiesce un autre courtier. Tout en nuançant aussitôt : «Dans les faits, cette stratégie est compliquée à mettre en œuvre car les banques souhaitent développer une relation de proximité avec leurs clients. Une banque bretonne peut accepter de financer un Parisien qui achète une résidence secondaire en Bretagne, mais rarement un Parisien qui achète dans la capitale.»
Ce scénario n’est toutefois pas impossible, à condition de bénéficier d’attaches dans la région où l’on emprunte, souligne un autre courtier : «Par exemple, si un jeune actif habitant Rennes (Bretagne) souhaite y acheter son premier logement, il y a fort à parier que la banque de Chartres (Centre-Val-de-Loire) dont ses parents sont clients depuis 30 ans, et où ils disposent d’un patrimoine conséquent, ne refusera pas de financer l’acquisition de ce bien pourtant situé dans une autre région. A fortiori si le jeune acquéreur est lui aussi client de la banque de papa et maman !»




















