
Locataire à Paris, si vous décidez d’acheter un appartement dans la capitale, votre premier réflexe pour trouver un crédit sera de solliciter votre banque du XVIIIe arrondissement, où vous résidez. Mais le taux de 3,20% sur 20 ans qu’elle vous propose vous semble un peu élevé, et les offres de ses concurrentes du XVIIIe sont à peine meilleures. Savez-vous qu’il est possible de démarcher des banques d’autres régions ? «Il est parfaitement possible de contracter un crédit immobilier dans une région différente de celle où l’on achète son bien, ce qui peut permettre de réaliser plusieurs milliers d’euros d’économies sur le coût total du prêt, le taux pouvant varier selon la région, à profil d’emprunteur équivalent», indique Pretto, dans un communiqué publié mercredi 21 mai. Une «stratégie légale et simple à mettre en œuvre», assure le courtier.
Une stratégie légale, oui, encore heureux ! «Rien n’empêche d’emprunter dans une autre région. Dans l’Ouest de la France, les taux sont souvent plus bas qu’ailleurs en raison d’une présence importante des banques mutualistes, qui se livrent une forte concurrence», acquiesce Maël Bernier, porte-parole du courtier Meilleurtaux. «En théorie, oui, c’est possible, et on peut ainsi avoir des taux plus bas, avec des écarts allant jusqu’à 0,5 point d’une région à une autre», confirme son homologue Sandrine Allonier, chez Vousfinancer.
Une stratégie en théorie possible mais en réalité complexe
Selon Pretto, les trois régions où il est actuellement le plus intéressant d’emprunter sont l’Ile-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté et la Nouvelle-Aquitaine. Dans la région capitale, «une forte concurrence entre les établissements bancaires tire les taux vers le bas», explique Pretto, citant des taux de 2,89% sur 15 ans, 2,90% sur 20 ans et 3% sur 25 ans. Or «un prêt contracté en Ile-de-France peut financer un achat dans les Alpes ou en Bretagne», affirme le courtier.
«Dans les faits, cette stratégie est compliquée à mettre en œuvre car les banques souhaitent développer une relation de proximité avec leurs clients. Une banque bretonne peut accepter de financer un Parisien qui achète une résidence secondaire en Bretagne, mais rarement un Parisien qui achète dans la capitale», rétorque Sandrine Allonier. Maël Bernier abonde dans son sens : «Les banques veulent une relation durable avec leurs clients. Si on habite Paris et qu’on achète à Courchevel en souhaitant emprunter à Biarritz, ça va être difficile, à moins d’avoir une amie dans la banque biarrotte ! La banque vous renverra vers ses collègues de la ville où vous achetez.»
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Avoir des attaches dans la région
«Il existe toutefois des exceptions, on en voit», reconnaît-elle. Par exemple, si un jeune actif habitant Rennes (Bretagne) souhaite y acheter son premier logement, il y a fort à parier que la banque de Chartres (Centre-Val-de-Loire) dont ses parents sont clients depuis 30 ans, et où ils disposent d’un patrimoine conséquent, ne refusera pas de financer l’acquisition de ce bien pourtant situé dans une autre région. A fortiori si le jeune acquéreur est lui aussi client de la banque de papa et maman ! «Il faut avoir une attache dans la région, sinon, c’est vraiment complexe», renchérit Sandrine Allonier.
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