
La maison neuve de vos rêves à Nogent-le-Roi, vous pensiez l’acquérir enfin en 2025, grâce à l’élargissement du prêt à taux zéro (PTZ) aux maisons individuelles et aux zones détendues, où la demande et l’offre de logements sont équilibrées, comme dans votre jolie ville d’Eure-et-Loir. Le gouvernement de Michel Barnier promis cette extension du PTZ dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025 (PLF). Las ! La censure du gouvernement Barnier a interrompu l’examen du PLF par le Parlement.
Il reprendra ce mercredi 15 janvier et la ministre du Logement, qui a gardé son poste dans le gouvernement Bayrou, plaide toujours pour cet élargissement du PTZ. Mais celui-ci n’interviendra sans doute pas avant plusieurs mois, la loi de finances pour 2025 devant d’abord être promulguée, puis le décret relatif au PTZ publié. En effet, les conditions d’éligibilité au prêt à taux zéro, réservé aux primo-accédants à condition de ne pas dépasser certains plafonds de ressources, sont fixées chaque année par un décret, généralement publié en décembre de l’année précédente.
De plus en plus de prêts à taux bonifiés
«Pour la deuxième année consécutive, nous entamons un premier trimestre sans les décrets fixant les conditions d’éligibilité au PTZ», soupire auprès de Capital Ludovic Huzieux, cofondateur et directeur général d’Artémis Courtage. L’an dernier, le décret relatif au PTZ avait été publié en avril seulement, la loi de finances initiales pour 2024 l’ayant recentré sur l’achat d’appartements neufs en zones tendues. Mais les banques ont pris les devants, cette année : «nous sommes dans un tel marasme politique que certains établissements de crédit prolongent des prêts immobiliers à taux bonifiés (inférieurs aux taux moyens du marché, Ndlr), qu’ils avaient pourtant prévu d’arrêter fin 2024, et que d’autres mettent en place de telles offres», observe-t-il.
Son concurrent Vousfinancer note, lui aussi, «la prolongation ou la mise en place de prêts à taux bonifiés pour le premier semestre» 2025. Alors que «le prêt à taux zéro n’a pour l’instant pas encore été élargi, de plus en plus de banques accordent aux primo-accédants des prêts à des taux compris entre 0 et 2 %», précise Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer. Des prêts dont le montant n’excède pas 10 % du crédit immobilier principal finançant l’acquisition, avec un plafond à 30 000 euros, nuance-t-elle.
Une diminution de 10 000 euros du coût du crédit
Sandrine Allonier cite un crédit de 30 000 euros sur 15 ans, au taux de 2,85 %, accessible si l’un des emprunteurs est âgé de moins de 35 ans. Autre exemple, un prêt de 25 000 euros maximum, étalé sur 25 ans, au taux de 1,99%, uniquement pour les primo-accédants. Également réservé à ceux qui achètent leur premier logement, un troisième prêt offre un taux de seulement 1%, pour un montant emprunté plafonné à 10% du crédit principal, dans la limite de 30 000 euros. La durée de ce prêt complémentaire est identique à celle du crédit principal, dans la limite de 25 ans. «Bénéficier d’un prêt de 30 000 euros à 1 %, en complément d’un crédit de 300 000 euros à 3,3 % sur 25 ans, cela diminue le coût total du crédit de 10 000 euros, soit l’équivalent d’une baisse de taux de 0,20 point ! », souligne Sandrine Allonier.
D’autres offres de prêts à taux bonifiés ont pour contrepartie la performance énergétique du logement acheté. Vousfinancer évoque un prêt représentant 10 % du montant du crédit principal, avec un plafond de 30 000 euros, au taux de 0 %, sur une durée équivalente à celle du prêt principal, pour l’achat d’un bien neuf dont le DPE (diagnostic de performance énergétique) est A, B ou C. Les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires, elles, proposent un taux réduit de 0,10 à 0,30 point pour l’achat d’une passoire thermique E, F ou G si l’emprunteur s’engage à améliorer le DPE de deux crans dans un délai de 40 mois.
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Les banques à la conquête des primo-accédants
«Pour les banques, l’objectif de ces prêts à taux bonifiés est de se distinguer de la concurrence, souvent forte en régions, et de capter des primo-accédants, avec lesquels elles vont pouvoir mettre en place une relation de long terme. Comme elles sont en conquête active de clientèle via le crédit immobilier, elles maintiennent ou mettent en place ces prêts très avantageux pour les jeunes emprunteurs, qui peuvent ainsi voir baisser significativement le coût total de leur crédit», décrypte Sandrine Allonier. «Ces enveloppes de prêts à des taux inférieurs à ceux du marché prouvent la volonté des banques de prêter, en attendant le feu vert sur l’élargissement du PTZ», confirme Ludovic Huzieux.




















