La sécurité sociale du logement, ou couverture universelle, quel que soit le nom qu’on y attache, est une véritable arlésienne. La première évocation du besoin de garantir le versement des loyers aux propriétaires bailleurs remonte à 2002, soit il y a vingt ans, presque jour pour jour. C’est le candidat à l’élection présidentielle Lionel Jospin, reprenant l’idée de sa secrétaire d’Etat au Logement d’alors, Marie-Noëlle Lienemann, qui en est à l’origine. A l’époque, le Premier ministre vise la magistrature suprême et il propose, au cours de sa campagne, un plan “Zéro SDF d’ici 2007”, dans lequel il intègre ce concept de sécurité sociale du logement. Celle-ci doit permettre de répondre à deux problématiques de taille : le grand nombre d’expulsions locatives pour cause d'impayés et les difficultés d’accès au logement du fait de l'incapacité à présenter une caution. Malheureusement pour lui, Lionel Jospin ne passe pas le premier tour, et son projet tombe à l’eau.

En 2014, ce mécanisme refait surface par le biais de la loi “pour l’accès au logement et un urbanisme rénové”, dite loi Alur. Le texte porté par la ministre du Logement Cécile Duflot prévoit alors la mise en place d’une garantie universelle des loyers (GUL) obligatoire, pour permettre aux propriétaires de continuer à percevoir leurs loyers en cas de défaillance de leur locataire. Le dispositif est censé être financé par un prélèvement d’environ 2% sur les loyers, payé à parts égales par les propriétaires et les locataires. Et il doit entrer en vigueur au plus tard en 2016. Finalement, les décrets d’application ne sont jamais publiés et le mécanisme retombe dans l’oubli.

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